Sciences & Éducation

Le Stade sort du piège de Glasgow, et prend au piège le cancer

Sébastien Bézy, cinq sur cinq hier au pied lors de la victoire aux forceps contre Glasgow, 19-11, a prouvé dans le jeu qu’il était un excellent accélérateur. Un match au cours duquel, les Stadistes arboraient un brassard bleu au nom de la Fondation Toulouse Cancer Santé, pour laquelle le Stade a garanti de son soutien.

Alors oui, le Stade Toulousain a réussi à sortir du champ de chardons ardents plantés par les Ecossais de Glasgow, hier après-midi à Wallon, 19-11, en signant sa 100e victoire en Coupe d’Europe sur 141 matches, avec la palme de la participation à Clément Poitrenaud, avec 88 rôles joués (NDLR: l’arrière toulousain est sorti suite à une blessure à son pied déjà touché après une obstruction écossaise notoire et volontaire). Alors oui, Toulouse a évité le piège tendu par des Ecossais très warriors dans les phases de contest. Par une formation pourvoyeuse principale du XV d’Ecosse, avec 15 éléments convoqués lors du dernier quad de la tournée d’automne, revu et sérieusement corrigé en bien par le taiseux Vern Cotter, ex-coach de Clermont, mais diablement efficace. La preuve: leur résistance de bûcheron contre les monstres Blacks pour une défaite sur le fil après des ultimes coups d’aiguille néo-zélandais, 24-16. Alors oui, le Stade a gagné, mais a encaissé un essai contestable, mais pas contesté par l’arbitre en fin de match, qui préfigure que le match retour de poule à Glasgow samedi prochain pourrait piquer. « Ce dernier essai nous met un coup au moral » commentait Sébastien Bezy, en fin de match.

BEZY INFAIBLE AU PIED ET ACCELERATEUR DE PARTICULES
Alors oui, le Stade a effacé le faux-pas à la maison contre Grenoble le week-end dernier après que la toiture ait pris feu en début de saison du top 14, avant de retrouver les fondations de la bâtisse rouge et noire. Alors que faut-il retenir de cette petite victoire au score? Que le Stade, même sous la mitraille défensive écossaise, possède en Sébastien Bézy un demi-de-mêlée excellent accélérateur de particules, un coquin au raz qui a filé sous le nez des flankers écossais, mais aussi un buteur sans faille hier avec 5 réussites sur 5. Que le Stade a alligné une seconde ligne de choc dans les rucks et dans les perturbations, avec un Maestri maestro, et enfin avec un Tekori, ogre aux mains mangeoires, qui a gratté trois ballons capitaux sur des contests. Mais aussi que le Stade n’a pas su creuser l’écart, quand Glasgow a joué deux fois à quatorze, par imprécisions et combinaisons hasardeuses. Des ratés à ne pas réitérer si le Stade veut voyager loin et longtemps en Coupe d’Europe. Une Coupe d’Europe pour laquelle les voisins castrais ont dit bye bye un peu plus tôt dans l’après-midi après une nouvelle déflagration à la maison contre les Wasps 32-17, même si l’arbitrage n’a pas été le meilleur ami des Tarnais. En disant au revoir au quart, le capitaine et toujours guerrier même dans les guerres lasses, Yannick Caballero, triste mine, avouait: « On va devoir se concentrer pour ne pas jouer la descente en Top 14. » Il est vrai que Castres, champion 2013 et finaliste 2014, dernier du Top 14, vit ici aussi des heures sombres.

LE BRASSARD DE LA FONDATION CONTRE LE CANCER SUR LE MAILLOT
S’il y a des matches sur le terrain, il y a aussi d’autres rencontres humaines pour lesquelles le Stade Toulousain a promis de mouiller le maillot, à savoir la lutte contre le cancer. Preuve visuelle hier après-midi, les Toulousains arboraient sur la manche gauche de leur maillot un brassard bleu pastel marqué de la Fondation Toulouse Cancer Santé. Dans sa mission de soutien à l’Oncopole de Toulouse, le club du Président Bouscatel a annoncé vouloir « contribuer à faire connaître au plus grand nombre ses missions au service du développement de la cancérologie toulousaine ». Porter l’ambition de ce combat collectif, tel est le leitmotiv de cet autre match stadiste.  » On souhaite accompagner cette dynamique sur le long terme et pérenniser notre soutien à la Fondation à travers un événement récurrent annuel ». Un bel essai à continuer de transformer.

Laurent Conreur


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