La honte. Et le devoir de mémoire se doit d’être instruit pour raconter l’horreur, l’ignoble, le summum de l’abjection. L’entreprise allemande Bayer, filiale pharmaceutique du groupe IG Farben, qui fait parfois des jours meilleurs des malades, (NDLR: sauf en août dernier en retirant de la vente un de ses médicaments contre le cholestérol, car associé à une autre molécule, il aurait provoqué le mort de plusieurs dizaines de personnes), a collaboré avec l’infect hydre nazi du régime hitlérien. A des fins infâmes. En utilisant les déportés d’Auschwitz comme les rouages d’une économie basée sur l’esclavage. L’horreur à son paroxysme.
Dans les théories horribles de la solution finale, les déportés devaient devenir des objets utilisables a maxima en étant totalement déshumanisés. Et notamment réduits à des cobayes pour des milliers d’entre eux en subissant les expériences médicales du sadique docteur Mengele, « le médecin de la mort ». La preuve avec les recherches sur le typhus que Mengele et ses sbires leur injectaient.
Dans ce scénario de l’abject, Bayer, déjà fabriquant du gaz Zyklon B, insecticide utilisé dans les chambres à gaz, a pris une part lamentable. Dans les camps de la mort, les échanges de lettres datant de 1943 attestent de l’ignoble (NDLR; voi ci-dessous), la firme allemande demandait à la direction « un lot de femmes saines » pour ses expériences macabres. On apprend même, comble parmi le comble, que Bayer se plaignait que « les sujets soient très amaigris et affaiblis ».
IG Farben, aujourd’hui démantelé entre les sociétés Bayer, BASF et Hôchst, a été jugé pour crimes contre l’humanité par le Tribunal de Nuremberg.
LES COURRIERS DE L’HORREUR
En lisant ces cinq extraits, les frissons provoqués par la peste brune glacent toujours en 2016 le corps de tout être humain, juste humain.
Première lettre :
» En vue d’expérimenter un soporifique, vous serait-il possible de mettre à notre disposition quelques femmes et à quelles conditions, toutes les formalités concernant le transfert de ces femmes seront faites par nous. »
Deuxième lettre :
» Nous accusons réception de votre lettre. Considérant le prix de 200 marks exagérés, nous offrons 170 marks par sujet, nous aurions besoin de 150 femmes. «
Troisième lettre :
» D’accord pour le prix convenu. Veuillez donc faire préparer un lot de 150 femmes saines que nous enverrons chercher très prochainement. «
Quatrième lettre :
» Nous sommes en possession du lot de 150 femmes. Votre choix est satisfaisant quoique les sujets soient très amaigris et affaiblis. Nous vous tiendrons au courant du résultat des expériences. «
Cinquième lettre :
» Les expériences n’ont pas été concluantes. Les sujets sont morts. Nous vous écrirons prochainement pour vous demander de préparer un autre lot. «
Laurent Conreur
META AREA /META AREA
