
« D’ici 2030, on pourrait mettre fin à l’épidémie Sida » a annoncé Michel Sidibé, directeur exécutif d’Onusida.
Dans cette période de crise, de morosité, de troubles, de sinistrose, de chômage galopant, enfin une bonne nouvelle, dans un secteur dont on ne fait pas généralement pas trop le buz: le Sida. Alors, n’hésitons pas de nous réjouir: le nombre de décès dus au Sida est en fort recul en 2013 avec 1,5 millions de morts, soit 11,8% de moins en un an. Une information encourageante et motivante pour tous ceux qui luttent contre cette épidémie, dont il ne faut jamais cesser de parler, car depuis le pic de l’épidémie en 2005, jamais une telle chute des décès n’avait été enregistrée. En effet, la courbe des morts du Sida s’abaissait régulièrement de 100.000 par an depuis 8 ans, cette année, elle a signifié le double avec 200.000 morts en moins, selon les rapports des experts de l’ONU. Même s’il faut raison et vigilence garder, et surtout ne jamais cesser de se protéger, un discours d’espoir a cependant été prononcé par Michel Sidibé, le directeur exécutif d’Onusida, en notant « qu’une fin de l’épidémie serait même possible d’ici une quinzaine d’années ». Et toutefois d’ajouter avec sagesse que « Si nous accélérons l’ensemble de la mise à niveau en matière de VIH d’ici à 2020, nous serons sur la bonne voie pour mettre fin à l’épidémie d’ici à 2030. Sinon, nous risquons de prolonger le temps qu’il faudra, en ajoutant une décennie voire davantage ».
PLUS D’ARGENT POUR LA RECHERCHE MALGRE LA CRISE, MAIS PAS ENCORE ASSEZ
Dans ce flacon des informations encourageantes, le rapport annuel indique que le nombre de nouvelles infections du VIH a basculé de 2,2 millions en 2012 à 2,1 millions en 2013, et que les contaminations frappant les enfants sont elles aussi revues à la baisse, en tombant de 270.000 à 240.000. De 2005 à 2013, le total des infections a enregistré une chute de 27,6% dans le monde. Dans ce panel des satisfecits, et ce même si la crise financière continue de sévir, le portefeuille destiné à la lutte contre le Sida augmente, affichant 19,1 milliards de dollars (14 millions d’euros) contre un pécule de 4,6 milliards en 2003. Une somme conséquente mais insuffisante pour risposter vraiment au Sida selon l’Onusida, « il nous faudrait entre 22 et 24 milliards de dollars. »
Si l’Onusida arrivait à ses fins, et à la fin de l’épidémie d’ici 2030, la planète terre verrait 18 millions de nouvelles infections et 11,2 millions de décès en moins entre 2013 et 2030. Toutefois, pour espérer enrayer et même tuer cette terrible épidémie, Michel Sidibé met en exergue la capitale importance du dépistage: « N’oublions pas que sur les 35 millions d’individus vivant avec le VIH, au moins 19 millions ignorent qu’ils sont VIH-positifs. Nombreuses sont des personnes marginalisées, criminalisées ou discriminées, et notamment les prostituées et les gens emprisonnés. En Afrique subsaharienne, 90% des personnes, dont le test VIH s’est révélé positif, ont ensuite accédé à la thérapie antirétrovirale. Il faut donc accélerer les tests de dépistage dans les prochaines cinq années. »
La bataille contre le Sida est bien loin d’être finie. Pour preuve, les individus vivant avec le Sida ont augmenté l’an dernier, avec 35 millions en 2013 contre 34,6 millions en 2012. Michel Sidibé tire d’ailleurs une sonette d’alarme: « N’occultons pas que 22 millions de personnes n’ont pas accès à un traitement salvateur. »
Aujourd’hui, l’Afrique subsaharienne demeure la région du monde la plus touchée par le Sida, avec 1,5 millions d’infections dont 210.000 enfants, Un chiffre encore inquiétant mais qui définit une baisse de 33% entre 2005 et 2013. L’an passé, dans cette zone, 24,7 millions de personnes vivaient avec le Sida, dont 2,9 millions d’enfants. Le Nigeria et l’Afrique du Sud figurent encore au triste palmarès des pays les plus impactés par le virus.
Espoir…
Laurent Conreur
META AREA /META AREA