Christel Layani (au centre), avec ses nièces en total look Hall 2, La Chanel toulousaine des habilleuses aime marier discrétion et personnalité. Aime susciter l’envie au feeling, et non au suivisme.
« Je ne fais pas de la mode, je suis habilleuse. » Christel Layani taille patronne dans l’homogénéisation des tendances, et affirme ses options le pli impeccable pantalon ou jogging baiser caressant la tennis ou le mocassin british noir et blanc. Chez Hall 2, la clientèle ne suit pas dans le couloir le sillage du conformisme de l’époque en vogue, de la vague qui s’écrase sur le podium du courant d’ère. Dans la robe manches courtes rayures tennis crème et blanche, on imagine en 2015 Sophia Loren au Palais du Festival à Cannes lovée devant un Martini dry. Dans le tunique grise résille de laine vierge, « Je n’ai fait que trois robes de ce type, » on voit déambuler Françoise Dorléac, accompagnée de Catherine Deneuve, nippée poupée de sens en jupe-chemisier total bleu reine, revenant du tournage final des « Parapluies de Cherbourg ». « Pour moi, il y a toujours une communion entre la personne et le vêtement. Je veux redonner chaque année à une pièce achetée chez moi de la fraîcheur. C’est pour cela que j’évite de jouer la saison. » C’est contre l’univers temporel, la fonctionnalité fugitive et l’exhibitionnisme obligée qu’elle se bat. Sa griffe Hall 2 collection (NDLR: l’étiquette est officialisée depuis janvier) ne fait pas bobo mais B.a ba. Avec la simplicité comme fil d’Ariane. « Tout est designé sur des choses très simples. Toutes mes collections sont dans le mouvement et le confort. » Christel Layani est raccord avec celles qu’elle habille. La Chanel toulousaine des habilleuses aime marier discrétion et personnalité. Aime susciter l’envie au feeling, donner de la forme aux formes, housser d’un chemisier noir avec un legging gris sublimés par un blaser à l’anglicisme francisé. « J’ai conservé quelques marques comme Levi’s et Reebook, mais aussi du Hall 2 made chez Tonello, mais le principal de la boutique, c’est du Hall 2 réalisé en minimum d’exemplaires, en série dans des ateliers en Charente. 8 à 20 pièces pas plus. »
LA BOTTE SECRETE DANS SON ATELIER DE PROTOTYPAGE
Beaux art..isanats majeurs qui jamais ne leurrent, Hall 2 a, dans son atelier qui jouxte la boutique, la botte sécrète où elle cache jusqu’à la divine apparition…le prototype. Ses pièces d’une quotidienneté moderne qu’elle révèlera à sa clientèle nourrie d’un clacissisme d’éternité. « Avec l’atelier, je peux avec le prototypage donner l’avant-goût. Mon atout est de pouvoir adapter ce prototype à une demande avant de l’envoyer en série. Je peux adapter un produit à une couleur ou à un tissu en fonction de la requête d’une cliente. Mais faut-il que j’ai le tissu ou la couleur, car je ne travaille qu’avec des produits haut de gamme, du tissu italien Loropiana. Dans ma bibliothèque, j’ai des gammes et des tissus, et je vois si c’est réalisable. » De cette bibliothèque, elle livre la pièce unique toujours estampillée intemporelle. Tout ce qui ressemble désassemble, ce paradigme , Christel Gloria en est addict, lui colle à la peau comme ses cellules création-imagination. « Chaque jour, je crée, je sors un produit, j’ai besoin de cette énergie. En ce mois de juillet, j’ai réalisé 30 pièces de commande. »
Fonceuse et frondeuse, elle met au pli les diktats, de ceux qui clônent les femmes dans des attributs de répétition; « Les vêtements doivent affirmer des certitudes et des caractères, surtout en cette période de doutes. » Avec Christel Gloria, la tunique est visible dans le sens et le soi, et non pas, comme dans cette navrante uniformisation, dans le néant et l’éclat.
Laurent Conreur
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