Après 17 ans dans l’implantologie, Marlène Giamporcaro mord maintenant la vie du mobilier œuvre d’art.
Contrainte de mettre les implants dans les tiroirs, elle décide alors de mordre la vie du mobilier. Marlène Giamporcaro, brune volcanique, l’Etna en fusion, a dû cracher sa lave après 17 ans bien mastiqués chez le leader mondial de l’implantologie. En novembre dernier, les canines déchaussées par une éthique qu’elle trouvait bafouée, cette responsable régionale à la tête de douze départements crevait l’abcès: « J’ai assisté pendant des années des dentistes toulousains au bloc pour les conseiller dans le choix de la gamme des implants en fonction de l’état des mâchoires des patients. J’ai toujours été garante de la qualité, je l’assurais d’ailleurs à 98,8%. Nous avions une éthique à respecter. Et avec les dentistes, nous avons vécu de fantastiques aventures humaines. Quand ma société a décidé de changer des paramètres qui m’étaient capitaux, les choses ont commencé à se dégrader. Je n’étais plus dans la dimension morale originale, et j’ai donc opté pour une rupture négociée. J’ai pris un gros coup sur la tête, c’était la première fois que je connaissais le chômage. » Une carie qui n’empêchait pourtant pas ses incisives de croquer un autre défi: celui du mobilier, mais du mobilier décalé, du mobilier d’ornement, du mobilier unique venu de contrées lointaines. « Je connaissais l’Inde où j’étais allé pour mon travail en implanto. J’avais vu ce qui se faisait en déco d’intérieur. Et c’est là que je me suis dit, tu as quarante ans, quitte à tourner la page, tourne là vers une de tes passions. Comme j’avais baigné dans le milieu artistique en ayant fait le conservatoire musique et art dramatique, la décoration d’intérieur m’est apparue une évidence. J’en ai parlé à un ami mécène qui m’a proposé de mettre à sa disposition sa salle de séjour pour créer un show-room. » La porte s’ouvrait alors pour un road-trip opération découverte des pièces rares au Vietnam, en Malaisie, en Thaïlande et en Indonésie. « Je voulais des meubles qualitatifs. J’avais déjà en tête de trouver des pièces uniques faites à la main avec des matières nobles, des pièces où le client choisit l’habillage via un designer. »
DES MEUBLES RECOUVERTS DE PYTHON OU D’ARGENT
Cette routarde néo-déco ne trouvait pas lors de sa mission que des maisons sensations. « Au Vietnam au nord, à Hanoïn, ce fut la galère, je ne trouvais rien que me faisait flasher. Je partais alors au sud à Saïgon, et là encore trois jours de galères, jusqu’à ce que je trouve un show-room typé. Je trouve des meubles laqués fabuleux. Après sept négociations pour avoir un rendez-vous, je rencontre la boss. Je visite les ateliers, et là je découvre des techniques de peinture et de laques toutes faites à la main. Du travail d’artiste. J’achète des pièces. La boss, qui parle un super français, m’indique qu’elle a un acheteur aux USA pour 32 boutiques et que sur la France, elle n’a pas encore d’acheteur exclusif. » Rassérénée, Marlène Giamporcaro fille vers Bali, et là encore, le bonheur lui ferme la porte jusqu’à ce qu’une designeuse lui ouvre la serrure, « Je ne vois que des bois de très mauvaise qualité, jusqu’à ce que je rencontre Navy, une designeuse italienne, qui livre la famille royale de Malaisie. On tombe d’accord sur des process. Surtout quand elle me propose des meubles recouverts de python ou d’argent. Génial, surtout qu’elle ne fait que des commandes à l’unité. Dans les prochains jours, je vais recevoir une table en argent avec des chaises avec de la soie d’ 1m80 de hauteur. »
RENDEZ-VOUS INDIVIDUEL AU SHOW-ROOM
La maison Giampo trouve alors son architecture dans une dimension musée dans l’hôtel particulier de Mansecal, 1 rue Espinasse, quartier Saint-Etienne à Toulouse. Le 10 juillet prochain, elle lèvera le rideau pour des yeux éblouis. « Je veux restituer l’accueil que j’ai eu en Asie. Je propose des rendez-vous personnalisés car je désire que chaque client puisse posséder son meuble avec son choix de dessin ou de laque, afin qu’il considère son mobilier d’ornement comme un tableau. Je suis dans l’exigence, dans la recherche du meuble parfait. Je ne ferai jamais de série, d’ailleurs je ne monterai jamais de boutique. Mon but est aussi de créer des partenariats avec les commerçants du quartier afin qu’ils placent leurs objets dans mon show-room, mais aussi de faire une soirée découverte avec les archis d’intérieur. » Avec Marlène Giamporcaro, c’est vraiment le bon implant mobilier à l’unité désirée.
Show-room à partir du 10 juillet, Hôtel particulier, 1 rue Espinasse, 31000 Toulouse. Tel: 06 21 54 40 28
Laurent Conreur
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