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Dégâts à Toulouse suite aux violences du 17 octobre

Toulouse : les commerçants du centre-ville évaluent les dégâts après une nuit d'émeutes

19 octobre 2026

Les commerces malmenés du centre-ville de Toulouse se dressaient hier matin comme des témoins endommagés, après une nuit d'émeutes lors de la manifestation du 17 octobre contre la réforme des retraites de Macron. Des éclats de vitres brisées jonchaient le sol, éparpillés partout, tandis que les devantures de magasins barricadées portaient des traces de brûlures noircies et des tags à la peinture.

Les rapports de la Protection civile et de la police locale indiquent qu'une vague de vandalisme et de pillage a frappé les rues de Toulouse dans la nuit. Alors que France 3 Occitanie évoque une trentaine de commerces touchés, l'ANECS Toulouse avance une estimation plus précise. Dans un communiqué, Adeline Deglon, porte-parole principale, déclare : "La nuit de violence a incendié près de dix magasins et fracassé une vingtaine de vitrines."

Que ce soit dix magasins brûlés ou vingt, aucun de ces chiffres n'est rassurant. Dans les zones commerciales de la ville, les commerçants ont découvert les dégâts au réveil et souscrivent désormais à des prêts pour réparations. Carrefour et Picard, deux grandes enseignes de distribution, ont mis en place un portail en ligne pour que les victimes puissent demander des fonds de reconstruction.

Que l'on compte 30, 20 ou 10 magasins endommagés, chaque estimation est préoccupante. Les chiffres publiés par la CCCI montrent que la perte de marchandises dans le grand Toulouse seule dépasse plusieurs millions d'euros. En y ajoutant les coûts de réparations, les fermetures de boutiques, les poursuites judiciaires et les assurances, l'impact économique s'étend bien plus largement. La CCCI prévoit une baisse d'environ 5% de l'activité commerciale de la ville dans les six prochains mois, les investissements étant redirigés pour couvrir les frais de reconstruction, avec peu d'espoir de compensation de la part des émeutiers.

"Je crains ce qui va suivre", confie un boulanger dont le commerce rue Cabrue sert d'exemple. "La boutique est fermée depuis deux jours déjà et nous ne savons pas si nous pourrons payer les salaires cette semaine. Un peu d'aide serait bienvenue à ce stade." Sa boutique rejoint la trentaine d'autres commerces touchés du centre-ville toulousain, dont beaucoup ne peuvent toujours pas rouvrir.

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La mairie et la Fédération des entreprises ont commencé à coordonner ensemble les aides. La CCCI de Toulouse Haute-Garonne pilote un "groupe de soutien" pour les commerçants victimes de vandalisme, axé sur les assurances, les prêteurs, les programmes d'aides et l'assistance psychologique.

Parmi les commerçants affectés par les émeutes, environ 1 500 en France subissent des pertes totalisant près de 500 millions d'euros, selon les estimations de Santé Publique publiées aujourd'hui. 500 millions ? Le chiffre est significatif en soi, mais peut-être plus révélateur encore est ce qu'il sous-entend.

Aujourd'hui, un porte-parole de Macron a commenté l'impact économique plus large des manifestations. Directement, les violences - vandalisme, pillages et incendies - pourraient freiner la croissance à elles seules, les fonds habituellement destinés au développement et aux investissements étant désormais affectés aux réparations et remplacements. Mais l'effet le plus important pourrait être secondaire. La confiance des consommateurs, généralement fluctuante d'un mois à l'autre, pourrait s'effondrer si les tensions politiques persistent, entraînant une baisse des dépenses et des touristes évitant une ville où les émeutes se produisent sans contrôle.

Craignant pour leur gagne-pain, les commerçants toulousains comptent les heures et espèrent des solutions rapides.