Dans le testament de Toulouse, il est écrit qu’ un mage de terre occitane guidé par l’étoile du swing a amené pour l’éternité des trésors d’une immense richesse émotionnelle. Et comme écrivait le poète Jacques Audiberti, « un trésor, c’est pour qu’on y touche ». 12 ans après sa disparition, des hommages ont été encore rendus ce mois-ci au mage Nougaro. A l’égard du « troubadour cathare », il est d’utilité publique et poétique de rappeler son répertoire bigarré. et danser sur lui: « Le soir de mes funérailles. Que la vie soit feu d’artifice. Et la mort un feu de paille. Un chant de cygne s’est éteint. Mais un autre a cassé l’oeuf. Sous un saphir en vrai saphir. Miroite mon sillon neuf. Dansez sur moi; Dansez sur moi; Dansez sur moi… »
Le journal « Le Monde » propose dans sa série « Les géants de la chanson » un opus de 20 titres phares et un livret collector concernant « Nougaro, un taureau dans l’arène ». Camille, la chanteuse aux pirouettes vocales frisson-sensation, decrit son admiration pour l’afro-latin de la Ville rose: « Nougaro inspire une grande chaleur humaine, des bras ouverts. Sa voix évoque le Sud. Il a à la fois ce côté féminin, fluide, sensible, et ce côté du mec qui n’hésite pas à aller à la castagne. Je l’associe toujours à Picasso. Il y a une phrase de lui qui m’a touchée: J’écris parce que j’ai un besoin organique de chanter ». Camille, désignée par l’enfant des Minimes comme une de ses héritières, cultive dans son jardin secret sa Nougaro compassion et son travail d’orfèvre. « Quand je chante du Nougaro, accompagnée au piano par mon frère, j’ai l’impression de refaire les gammes, tant Nougaro était exigeant au niveau du texte, de la diction et du rythme. Il va aux sources du tempo et de la mélodie. En ce sens, il est plus proche de la musique brésilienne que de la tradition française. C’est peut-être pour cela qu’il s’efface dans les compositions et se concentre sur les textes, la poésie, qui ont souvent une puissance homérique ». Homérique car comme souligne Camille, « Nougaro, comme Barbara, sont des chanteurs qui osent chanter jusqu’au bout ».
UN QUADRUPLE FOCUS A ALTIGONE
Outre « Le Monde » via Camille, la métropole originelle de Claude Nougaro vient de faire un quadruple focus à Altigone sur l’auteur d’Armstrong. « Qu’on l’écrive blanc sur noir. Ou bien noir sur blanc » avec « Nougaro dans la lumière », une série photos sur les rapports charnels et sensuels que l’artiste entretenait avec la scène. La scène pour mettre en scène ses chansons avant de les couler sur galettes. Avec « Nougaro, le parcours d’un combattant », un puzzle de 9 panneaux biographie du cracheur de swing, avec « Et me voici », 20 dessins originaux du chanteur au dessein d’exception. Et pour boucler la boucle de jazz, le chanteur Alsina a donné ses pieds pour marquer son tempo Nougaro.
Laurent Conreur
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