Enfant, s’endormait-elle sur des KO de rêve? Estelle Mossely a mis un point génial avec ses poings en devenant la première française championne olympique de boxe. Championne aussi sur le ring scolaire avec la même ténacité car elle est tout simplement ingénieure.
Enfant, s’endormait-elle sur des KO de rêve? Point génial de ses poings, boxe, boxe, boxe. Bastonne le plexus, la pointe du menton. Depuis hier soir, ses gants tournent dans la lumière. Eclair éclatant. Excitation summum d’émotion. Au sommet de l’Olympe, pimpante, Estelle Mossely, la nuit magique de ses 24 ans, s’est ruée vers l’or en décrochant la lune de miel du premier titre olympique de la boxe féminine tricolore. Boxe, boxe, boxe. Dans la cage du ring, la Chinoise Junhua Lin a pris le pouvoir deux rounds durant. Piquée au coeur, Estelle Mossely l’a ensuite piquée de son dard dare d’art d’art pugilistique. Sérieuse furieuse, fournie en furie, Estelle Mossely, avant de toucher l’or, a montré l’acier de sa ténacité pour ne pas se faire prendre au mauvais jeu d’une Chinoise trichant aux yeux écarquillés de la planète, sauf à ceux d’une arbitre aveugle. Ô déesse de pierre, tu as su casser les briques de la muraille de Chine. Avec une intelligence qui n’est que le miroir de ton combat acharnée menée avec maestria. Des KO au QI.
ELLE A CONQUIS AUSSI AU PUNCH SON DIPLOME D’INGENIEUR
Cette nana, on l’a d’or. Car, si on l’a vue hier guerrière sur le ring de Rio, elle a aussi gagné au punch la bataille de son projet études et sport de haut-niveau. Bachelière à 17 ans, cette demoiselle, compagne du boxeur Tony Yoka, en finale des + 91 kg demain dimanche, est la fille de Pascal, bac +9 et docteur en électrotechnique, et de Hélène, ingénieure des travaux publics. Lui né au Congo, elle en Ukraine, et avec leur fille ayant vécu dans la Russie rude des années de plomb, avant leurs arrivées en exil en France, où leurs diplômes n’ont pas été reconnus. Faute de mieux, papa sera magasinier dans un lycée, et maman adjointe administrative. Une injustice pour ces gens humbles et discrets, mais qui a peut-être inconsciemment forgé l’esprit mon coeur, ma bataille de leur progéniture. Debout à 6 heures du mat’, à l’heure où les travestis vont se raser et les stripteaseuses se rhabiller, Estelle boxe, boxe, boxe déjà pour gagner le match de la scolarité dans son école supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci à la Défense. Des cours jusqu’à 20 heures parfois jusqu’à 17 heures pour pouvoir enfiler les gants au Red Star Club de Champigny et envoyer des parpaings. « Parfois c’était dur, confiait-elle, mais jamais, je ne me suis découragée. Il était hors de question que je sacrifie l’école ou la boxe. J’étais la seule fille dans la salle. Après un mois de boxe, mon père m’a dit d’arrêter la boxe. Il en était hors de question ». Elle a bien fait de na pas baisser les poings. Cette nana, ingénieur conception-développement chez Allianz, on l’a d’or vraiment. « Si j’ai un conseil à donner, c’est croyez en vos rêves, travaillez dur pour y arriver. Un jour, ça paye même pour les rêves les plus grands ». Grande, elle est. Ses poings, c’est tout.
Laurent Conreur
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