Sports & Loisirs

Nicolas, un Toulousain « cavalhéros » en Astier trempé

Le "cavalhéros" tricolore toulousain, Astier Nicolas est le premier double médaillé, individuel et collectif, de l'histoire de l'équitation française. L'or par équipe et l'argent individuel. Et il n'a que 27 ans, dans un sport où les seniors sont les seigneurs.

Un visage de premier communiant avec un petit quelque chose d’espiègle. « Il a l’air je m’enfoutiste, vous vous demandez toujours où est Astier, et puis il arrive et là il est présent à la minute où il faut l’être comme aujourd’hui. C’est la définition d’un champion ». Thierry Pomel, l’entraîneur de l’obstacle pour le complet, décodait hier, dans la liesse générale de la première médaille d’or du quatuor de concours complet et de l’argent du Toulousain, le portrait du « cavalhéros » tricolore, Astier Nicolas. Le premier double médaillé, individuel et collectif, de l’histoire de l’équitation française.

ASTIER PARCE QUE SAINT-ASTIER EN DORDOGNE!
Astier, un drôle de prénom pour un sacré bonhomme, un jeunot de 27 ans dans le sport hippique où les seniors sont souvent les seigneurs. Astier parce que Saint-Astier en Dordogne. Etonnant non comme aurait clamé feu Pierre Desproges. En effet, alors que sa famille se rendait au pays des cèpes et du foie gras, sa maman alors sur le point d’accoucher demande à s’arrêter à…Saint-Astier. Son fils sera alors Astier.
De l’Astier trempé pour une épopée qui est allée au galop. Un galop entamé au trot d’élégance et d’abnégation à l’âge de 7 ans haut comme trois pommes au poney-club de Seillonne à Pin-Balma dans la proche banlieue toulousaine, après avoir déjà mis le pied à l’étrier à 4 ans. Comme quoi, il était déjà en selle pour cavaler vers la gloire. Pour que l’élève progresse, il fallait un prof qui gère le potentiel. Aujourd’hui, Astier Nicolas peut frétiller de la crinière grâce à Marie-Pierre Perrier. Elle lui a inculqué de ne jamais gémir à cheval, ne jamais grommeler, mais au contraire de travailler son gnac et sa foi en la victoire. Marie-Pierre Perrier tenta même avec Astier Nicolas des coups s’avérant gagnants comme le faire monter sans crampons pour qu’il nourrisse l’atout équilibre. Hier, il en a touché les dividendes en or et en argent. Il faut avouer qu’il avait déjà cumulé dans différentes catégories au sein de l’équipe de France, aux championnats d’Europe de Concours complet Poneys, Juniors et Jeunes Cavaliers pendant six années consécutives.

SON DESTIN SOUS LE SABOT D’UN CHEVAL RECALCITRANT
En 2009, son destin s’écrit sous le sabot d’un cheval, Piaf de B’Neville. Celui qui aujourd’hui lui a fait toucher le graal. Michel de Château-vieux, le propriétaire, avait eu le nez fin en lui annonçant simplement, « Astier, choisis un cheval ». Observant un cheval coquin accumulant les refus devant les obstacles, Astier décide alors de faire de ce récalcitrant son compagNon d’aventure. Une première grande embardée conduit ces partenaires particuliers en 2012 au titre de champion du monde des moins de 25 ans.
Hier à Rio, il n’a pas oublié de monter là haut, en montant son Piaf de B’Neville. Là haut, où il tutoie dorénavant les étoiles de l’équitation française, Jean Carlou, Pierre Jonquières d’Oriola ou Pierre Durand. Comme lui des « cavalhéros ».

Laurent Conreur


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