Il est loin d’être sur la touche. Au contraire, il est toujours en première ligne, pilier droit dans ses crampons. Président avec toutes ses dents pour croquer ses opposants au trône du Stade Toulousain, avec ses crocs acérés pour mordre les chevilles des « comploteurs » de la nouvelle convention FFR-LNR, René Bouscatel n’a pas la langue dans son short. Si précédemment, il ne tchatchait peu, dorénavant, il cause. Et pas pour ne rien dire, au contraire, pour allumer un feu qui éteindrait le moindre incendie volontaire. Sa fin de contrat à la présidence du Stade en juin 2017 ne lui donne vraiment pas envie de battre en retraite. Encore moins de la prendre, surtout que dans les coursives silencieuses des Sept-Deniers, il se murmure à l’oreille du conseil de surveillance du club qu’Hervé Lecomte, l’ancien troisième-ligne du Stade originel « jeu de mains, jeu de Toulousains », serait le favori pour le poste majeur. René Bouscatel ne l’entend pas de cette oreille et tire celle de ses détracteurs.
« SI JE DOIS ME BATTRE A LA FIN… »
« Je me conformerais à la décision du conseil de surveillance, mais si je dois me battre à la fin parce que je considère que la club part dans de mauvaises directions, je le ferai ». Balle au centre, le match pour la présidence est loin d’être joué.
Au tableau noir, René Bouscatel dessine sa stratégie, avec quelques plaquages cathédrales. 26 ans de présidence, ça forme et ça forge le bonhomme. « Avec mon expérience, je pense bien qu’il pourrait être utile que j’accompagne pendant un ou deux ans celui qui me succédera ». Son règne n’aurait donc pas la fin que la faim de ses opposants invite à la table des décisions.
« PELOUS, C’EST UNE EVIDENCE »
Car en fin gourmand, René Bouscatel voit Fabien Pelous, l’actuel directeur sportif, dresser la table du Stade Toulousain et décider de la place tenue par chaque convive. « Fabien Pelous comme mon possible successeur est une évidence. Des candidats prévisibles, Fabien Pelous est celui qui se détache, et de loin ». Fabien Pelous, premier deuxième-ligne pour la présidence dans une mêlée où René Bouscatel tient à garder le sifflet de l’arbitrage. Et ce même si, le Président du Stade lorgnerait aussi sur d’autres terrains de pouvoir, comme celui de la Ligue, où les élections se dérouleront le 4 octobre prochain. « Je n’en sais rien encore. D’ici au mois d’octobre, cela me paraît difficile, surtout qu’il faudrait que j’arrête la présidence du Stade Toulousain ». La présidence du Stade Toulousain, son obsession, mais surtout son enfant, sa bataille. Pour ses contradicteurs, il est clair qu’il faudra tuer le père.
Laurent Conreur
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