70 ans et il en a vécu des vagues sur les plages en émoustillant ces messieurs droit debout, des phénomènes ressacs par des parents récalcitrants à voir leur gamine se trémousser peu vêtues. Que dire des images mythiques catalogue d’éternité avec Ursula Andress en 1963 dans le premier « James Bond » sortant de l’eau glaçant l’homme en rut , ou avec BB en petit bout de tissu blanc fleuri laissant le frisson filer, ou encore avec Romy Schneider, juste « ouah » dans « La Piscine », le bikini a fixé la rétine masculine . S’il habille peu, il habite beaucoup: les consciences, les contestations, les consternations, les confirmations, l’émancipation et les interdictions. Le deux-pièces est monté depuis sa création et sa révélation en juillet 1946 lors de la Fête de l’Eau à la piscine Molitor à Paris, alors que personne ne s’attendait à cette poussée de souffre, de fièvre et de sexe avec l’apparition du petit rikiki maillot de bain cachant ce qu’homme ou femme, liberté sexuelle oblige, espère voir. Il est monté depuis en popularité, car ce jour-là dans le temple du Tout-Paris qui se mire et s’admire, aucune et aucune, même pas les photographes, n’avaient figé et fixé Micheline Bernardini, la danseuse du Casino de Paris, que Louis Réard, ingénieur automobile gérant aussi une boutique de lingerie familiale, inventeur de l’objet du scandale et du sublime, avait convaincu d’enfiler (NDLR: Jacques Heim, créateur de mode et couturier d’Yvonne l’épouse du Grand Charles, en revendique aussi la paternité). Pas vu, pas pris. Et pourtant, il en a ensuite pris et fait tourner des têtes. Et même faillit perdre la tête dans les années 50, car sur certaines plages puritaines en France, dans une Italie serrée du c…, en Belgique ou en Allemagne (prohibé jusqu’en 1970 même au pays de la choucroute), le bikini était simplement banni pour incitation au sexe. Diantre! Double diantre, car c’est dans une Espagne franquiste, où rigoler n’était pas rigolo, que les Joséphine pouvaient oser fine. A Benidorm, chez les Ibères, où alors, les cathos cataloguent, les miss démystifient grâce à un maire père des libertés. Le seul qui a réussi à faire flancher Franco pour qu’il autorise dans sa station balnéaire le port du joli rikiki.
LE PAPE PIE XII EN RAVALE SA SALIVE
Dans les années 50-60, ce maillot sort de l’eau de l’interdit, et les concours de beauté en bikini pullulent: de Miss camping, à Miss ville ou région…jusqu’à Miss Monde avec la première élection le 29 juillet 1951 qui en ont fait saliver, sauf le pape Pie XII qui en a ravalé …sa salive en voyant ses créatures de Satan si peu vêtues, et interdisant tous pays catholiques d’envoyer sa plus belle muse. Depuis d’ailleurs, secret de la confession de la conception, les Miss Monde se trémoussent en maillot une pièce.
Entre modes, scandales, émancipation ou érotisation, le Bikini, depuis 70 ans, n’enlève pas son petit haut et montre le plus délicieux du bas. De bas en haut, le bikini, un sacré nom de nons, a toujours soufflé le chaud quitte à provoquer l’effroi, …mais si délicat. N’est-ce pas Hervé Sansonnetto, le boss du célèbre….Bikini à Toulouse, qui, outre sa salle de rock mythique, a fait de son deux-pièces estival, resto-piscine, l’objet de tous les scandales délicieux.
Laurent Conreur
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