Sports & Loisirs

Rugby: Toulouse, à quel Stade…

Ugo Mola va-t-il moins se prendre la tête cette année que l'an passé lors de son baptême d'entraîneur en chef du Stade Toulousain?

« Le temps est un grand maître, dit-on, le malheur est qu’il tue ses élèves » écrivait le compositeur et chef d’orchestre français Hector Berlioz, auteur de la symphonie fantastique, comme le Stade Toulousain a su en jouer en accord majeur sur les pelouses de France et d’Europe. Mais comme l’auteur de la « Damnation de Faust », les « rouge et noir » ont vécu et vivent, surtout depuis 2012, dernier Brennus, des illusions perdues. Depuis 2014, Toulouse, grand maître du rugby, ne maîtrise plus le temps d’un rugby qui se starifie, et le malheur est que ce temps le tue au seuil du dernier carré. La saison dernière, pour la première fin de règne Novès, et le baptême de l’association de bienfaiteurs Ugo Mola, entraîneur en chef, et Fabien Pelous, directeur sportif, le Stade est demeuré… au stade de la reconstruction, en chutant en barrages contre le futur champion, le Racing 92, 21 à 16. Un match où le Stade s’est malheureusement mis à jouer trop tard, en ayant avant…malheureusement commis, à l’image de sa saison, trop de fautes au sol, tombé trop de ballons. Ugo Mola, en cette rentrée des classes, avec le reprise le 18 juillet et le retour des internationaux ce lundi 25 juillet, revient sur la copie avec pragmatisme et mélancolie, « La déception de la défaite contre le Racing 92 a été assez grande, surtout face au futur champion de France, le Racing 92, une équipe très difficile à manoeuvrer. Toutefois, le titre du Racing met en relief notre performance lors de ce barrage. La frustration demeure, surtout avec cette sensation de ne pas avoir joué sur nos qualités ». Ugo Mola, militant du réalisme, retient la leçon, et surtout les épisodes de la vie tumultueuse qui ont phagocyté la préparation de ce barrage: « Cette défaite contre le Racing reste une bonne leçon. Un nouveau cycle débute et nous devons passer à autre chose. J’ai toutefois fait une erreur dans la préparation du match de barrage où l’émotion due au départ des joueurs historiques et les cas personnels (NDLR: Clerc, Poitrenaud, Picamoles, Harinordoquy, Millo-Chlusky, et Matanavou, avec pour certains, les fleurs du mal en bouquet final) ont primé sur les intérêts premiers de l’équipe ».

‘POURQUOI PAS LE DERNIER CARRE? »
Pour le tome 2 de son livre d’entraîneur, que doit donc écrire Ugo Mola? A l’encre de la modération? « Nous espérons faire mieux que l’an dernier. Pourquoi pas le dernier carré? Mais, ces ambitions sont aussi celles d’une dizaine d’autres équipes du Top 14. On se doit d’aller en phases finales et montrer un autre visage en Coupe d’Europe ». Une autre face plus lumineuse avec six nouveaux visages pour l’instant, les Castrais Gray (2e ligne) et Faasalele (3e ligne aile), le Bordelais Guitoune (Ailier-arrière), le Palois Marques (demi-de-mêlée), le sud-af des Cheetahs Van Dyk (pilier) et l’Italien de Leicester Ghiraldini (talonneur). Un casting moins luxueux que ceux des acteurs bankables du championnat. Alors quel Stade Toulousain pour l’épisode 2 du tandem Mola-Pelous, accompagné bientôt d’un docteur es touches, Jean Bouilhou, de retour au bercail après son dernier tour de stade à Pau? Dès le 5 août pour la première fois depuis presque 20 ans à Wallon, on aura une esquisse, que l’on souhaite exquise, de ce Stade outsider du Top 14 contre un certain Racing 92, et ce avant la première journée du championnat le 20 août contre la machine à broyer du muscle, le Montpellier « boks, boks ». Un Stade Toulousain qui sera privé d’Albacete, attendu sur le pré en novembre, de Camara, out jusqu’en décembre, et de McAllister, pied fracturé dont le retour n’est pas encore arrêté.
Alors, en 2016-2017, un Stade Toulousain juste survivor, toujours revival ou enfin virevoltant?

Laurent Conreur


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