Économie & Entreprises

Anouk Déqué, une femme sans langue de bois

Présidente de la Commission Intelligence économique et données stratégiques à la CCI de Toulouse et Présidente de la Commission de l’Observatoire économique à la CCI de région, directrice de l’agence de Communication digitale Anouk Déqué qu’elle a créé en 1988, présidente de la CGPME pendant ces douze dernières années

Généreuse. Accessible. Sans détours. Anouk Déqué est une femme sans langue de bois. Une personnalité publique certes mais aussi maman au grand cœur, férue d’économie tout autant que de poésie. Ses déclarations ne passent jamais inaperçues. Certains jasent, ironisent. N’empêche, la patronne de la CGPME pendant 12 ans en tant que présidente bénévole, mais aussi patronne de son agence qu’elle a créée en 1988 se confie pour Toulouse Post.
Avec générosité, forcément.

T.P : Femme de lettre, femme de tête ou femme de réseau ?

D’abord Chevalier des Arts et des Lettres depuis 2011. Et plutôt Femme d’action. Femme de réseau, d’influence, tout dépend de la communauté dont vous dépendez, car vous trouverez toujours plus influent. Femme digitale oui. J’ai d’ailleurs été surprise d’apprendre ma nomination pour les Trophées de la communication digitale au féminin, par le réseau parisien JFD Connect, en Janvier 2016. C’est une jolie reconnaissance. Outre mes fonctions à la CCI Toulouse et Région, je suis juge au Tribunal du Contentieux de l’Incapacité (TCI, une institution centrale du droit du handicap – ndlr) et enseignante à l’Université Toulouse 1 auprès des Mastères II en Relations médias, à l’Institut Catholique de Toulouse où j’enseigne sur l’intelligence économique et enfin à l’Iseg, sur la communication sensible et les événements.

T.P : Toulouse, ville de naissance ou ville de coeur ?

Ville de cœur ! Je viens du Pays basque et depuis que j’ai choisi de faire mes études à Toulouse, je n’en suis pas partie. Toulouse est une ville qui a du charme. Comme on pourrait le dire d’une femme, je dirais sur Toulouse qu’il vaut mieux avoir du chien et du charme que d’être belle et froide. A Toulouse, on est dans la Florence du Sud. Son architecture, ses lumières…C’est une ville connectée, une ville verte où les gens se rencontrent. Sans parler du dynamisme étudiant et de la recherche, de l’innovation…

T.P : Vos adresses toulousaines?

J’adore les marchés. Celui des Carmes où je vais souvent, mais aussi Victor Hugo. Derrière le Palais de justice se trouve aussi un marché le samedi avec des producteurs locaux que j’adore. Il y a le Bar du matin et les cafés de la Place St Georges, la Place de la Trinité, les restaurants comme Monsieur Georges que j’affectionne, Michel Sarran, les tapas à l’Annexe, ou Chez Fifi, rue Croix-Baragnon… J’aime aussi me balader le long des quais de la Daurade. Et dès que j’emmène mes amis chez Thomas Fantini à la Pergola, on est vite dépaysé. J’aime beaucoup le restaurant de poissons Le Clapotis en bord de Garonne tout comme déjeuner au Bikini. Au niveau culturel, la Fondation Ecureuil présente de très belles expositions comme les musées de la ville. Les Toulousains mériteraient une exposition nationale voire européenne, avec des œuvres de maîtres.

T.P : A l’heure de l’Euro, plutôt foot ou plutôt rugby ?

Carrément rugby ! En terme d’image, ce qui se passe en ce moment avec l’Euro, c’est quand même assez moyen. Pour moi, ça a toujours été rugby.

T.P : Votre récent coup de cœur ?

Un magnifique bouquet de pivoines, mes fleurs préférées achetées aux Jardins d’Ozenne, rue Ozenne aux Carmes. Des senteurs ramenées du Pays basque. J’en ai mis partout à l’agence. Mon prochain coup de cœur sera un ordinateur portable, un Mac pro.

T.P : Une citation qui vous caractérise ?

Plutôt que de citation, je parlerais d’un état d’esprit. Celui d’avoir toujours envie de découvrir. « Tout est toujours à découvrir ».

T.P : Les personnalités qui vous inspirent ?

Il existe des gens extraordinaires. Bien sûr, on pense à Françoise Giroud, Simone Veil, Coco Chanel. Personnellement, j’ai toujours aimé les auteurs et la poésie. Tristan Tzara, Blaise Cendras m’inspirent. Mais je n’aurais pas la prétention d’écrire des poèmes. Je suis une femme qui adore lire, la presse numérique et papier d’ailleurs. Ce n’est pas si facile de faire passer un message fort en 140 caractères ! Le digital, c’est de l’écrit et de l’image.
Du coup, pour garder ce lien avec le papier, j’ai souhaité éditer chaque année une collection de cahiers que nous offrons à nos clients. Cette année va sortir la septième édition, avec deux styles différents, en septembre prochain. Ces Notes books sont aussi une manière de cultiver notre relationnel.

T.P : Les réseaux féminins, un concept culturel et une finalité?

Je souhaite utiliser l’influence pour fédérer, permettre à des femmes, comme à des hommes d’ailleurs de valoriser leurs projets sur le Web, grâce à la stratégie marketing et digitale. Mais nous ne sommes pas sectaires. Les réseaux féminins oui, au niveau national, nous allons inaugurer en octobre prochain un réseau intitulé Génération WWW, « Working Web and Women » composé d’influenceurs, d’entrepreneures pour aider ces femmes et les hommes qui le veulent à trouver des ressources, des compétences, des partenaires. Nous allons mettre nos métiers du Web en commun, sans exclure qui que ce soit. Si l’on se bat pour plus de visibilité des femmes au sein des Conseils d’Administration, on ne va pas exclure les hommes maintenant. Ce n’est pas en excluant les gens qu’on y arrivera.

T.P : Pendant 12 ans à la tête de la CGPME, vous avez pris la défense des TPE et PME régionales, n’hésitant jamais à prendre position. D’où est née cette passion pour l’entreprenariat?

Je suis juriste de formation. J’ai étudié à l’Université des Sciences Sociales. Lors de mes interventions dans les écoles de management, les étudiants privilégiaient toujours les grands groupes pour faire carrière. J’ai très vite eu envie de leur montrer que les TPE et PME pouvaient aussi être l’avenir. Les jeunes ne connaissaient pas les entreprises en question. Il y avait une quête de sens. Après concertation auprès du rectorat, j’ai mis en place au sein de la CGPME un partenariat Ecole/entreprise pour permettre aux dirigeants de PME et TPE d’aller à la rencontre des futurs managers et leur expliquer en quoi consistait l’entreprenariat, de façon bénévole. Nous en organisons une vingtaine par an au moins. Ce fut mon premier dossier pour faire comprendre le métier aux jeunes. Fin juin, je terminerai mon mandat à la présidence de la CGPME mais je reste au Conseil d’Administration.


T.P : Et maintenant, la politique ou l’écriture?

Je vais continuer à soutenir les TPE et PME dans le monde économique et institutionnel, à travers la CCI notamment. L’accélération de l’économie m’intéresse, il y a beaucoup de sujets à traiter pour ne pas continuer dans ce que j’ai commencé. J’aime aller au bout des choses et j’aimerais porter mon expérience auprès de la grande Région. En se battant au sein des syndicats de branche et à la CCI notamment, on peut faire bouger les lignes, c’est une question de bon sens. Un chef d’entreprise comme moi connaît les problématiques de ses salariés car il a les mêmes. J ‘essaye de rester à l’écoute des entrepreneurs qui viennent me voir. On est dans l’humain et la confiance est primordiale, ça je ne veux pas le perdre. Donc je reste dans le monde économique qui dans sa pluralité, à beaucoup à offrir. L’écriture ne me déplairait pas. Il faut y mettre tout son cœur et avoir du talent. J’y viendrai peut-être mais je reste une femme d’action.

Propos recueillis par Maïa de Martrin


META AREA /META AREA

À continuer

Économie & EntreprisesLas Criollas Empanadas, l’Argentine en cuisson originaleÉconomie & EntreprisesDura Solex, sed SolexÉconomie & Entreprises« Le Tenace » dans l’eau d’une nouvelle vie