Le Stade Toulousain, pendant les semaines passées, a plus nourri la chronique « mépris et chuchotements acides ». Les raisins de cette colère, de ce vin piqué qui alimente les aigreurs d’estomac: le mauvais traitement fait aux enfants maison avec la non-reconduction du contrat de Vincent Clerc, et son échappée vers Toulon, et la non-considération de Clément Poitrenaud. Pendant cette période morne rouge et noire, Ugo Mola, le manager, a fait du silence sa force…sur le terrain. Aujourd’hui, le Stade Toulousain est en barrage, alors que certains les avaient barrés des listes.
En barrage pour une qualification en demi-finale contre et au Racing 92, avec un Stade Toulousain, lancé comme un obus, au moral au beau fixe. Ses trois derniers matches, victoires à Oyonnax avec le pragmatisme au rebond, contre Clermont avec le discours de la méthode, et dimanche à Grenoble avec fracas et sans perte, 53 à 14. Sans perte, car hormis Thierry Dusautoir, Ugo Mola avait privé, dans l’Isère, son équipe de tous les titulaires de la victoire contre les « Jaunards », les maillots jaunes du Top 14.
Moribond, le Stade a rebondi. Et l’on se prend à rêver d’une « Castraise » en version toulousaine. En 2013, en effet, revenu de nulle part, Castres, dernier qualifié, avait coupé toutes les têtes favorites. Montpellier d’abord en barrage, puis Clermont en demie, puis Toulon en finale, alors champion d’Europe.
« CE SERA FEROCE »
Le parcours du Stade à partir de samedi avec le barrage au Stade Yves-du-Manoir ressemble à celui des Castrais champions inattendus. Car si Toulouse passe l’écueil parisien, c’est la machine clermontoise qui se dressera sur le chemin toulousain en demie à Rennes, mais une mécanique qui ratatouille souvent contre Toulouse, et peut-être Toulon en finale à Barcelone, pour la première finale du Top 14 au Nou Camp.
Les matches à élimination directe, le Stade sait les gérer et les digérer. Sauf celui de de 2014, en barrage à Ernest-Wallon, où un certain Racing avait, 21-16, provoqué l’historique sortie de route du Stade avant les demi-finales. La revanche samedi s’annonce épaisse, avec du corps, du brutal. Un match « Tontons flingueurs ». Jean-Baptiste Ellissale, entraîneur des arrières toulousains, annonce déjà aujourd’hui la couleur. « Ce sera féroce, avec un gros combat en conquête. Rien n’est impossible, mais ce sera une mission compliquée ». Un Ellisalde, comme tous les supporteurs toulousains, regrettant les trous d’air dans la saison, obligeant le Stade à se déplacer pour ce match couperet à Paris. Et si Toulouse s’offrait un bol d’air à la castraise.
Laurent Conreur
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