Politique & Société

Pour son livre brûlot, le Général Soubelet pris par la patrouille d’Etat

Pour son livre brûlot, "Tout  ce qu'il ne faut pas dire", Insécurité, Justice, un général de gendarmerie ose la vérité, le général Soubelet a été limogé. Samedi et dimanche, au Crowne Plaza à Toulouse, il signe son livre vitriol sans à nouveau ne pas garder sa langue dans la poche de son veston.

 

Le poids des mots, le choc des fautes oh! C’est en paraphrasant le slogan d’un célèbre hebdomadaire de presse français que l’on peut résumer aujourd’hui en concentré explosif la vie du général Bertrand Soubelet. Pour un livre au vitriol, « Tout ce qu’il ne faut pas dire » paru chez Plon, avec une phrase d’accroche tranchante « Insécurité, justice: un général de gendarmerie ose la vérité », le général a été pris et éconduit par la patrouille nationale. Déjà mis à l’écart le 18 décembre 2013 lors de la sortie de ce pavé dans la mare de conventions, le général a perdu, selon un décret du Journal Officiel paru dimanche, son poste de commandant de la gendarmerie d’outre-mer. Lu et pris. Le général Soubelet sera ce samedi et ce dimanche à Toulouse au Crowne Plaza place du Capitole pour signer ce que beaucoup dans les écuries du gouvernement considèrent comme un brûlot, un opus à charge. Mais aussi pour relater son circulez, vous n’avez plus rien à voir. « Je ne peux pas m’empêcher de penser que la seule raison de cette nouvelle mise à l’écart est la publication de mon livre ».
Force est de constater que l’ex-numéro 3 de la gendarmerie n’avait pas pris de gant pour diffuser son ressenti. « La sécurité dans notre pays n’est pas assurée comme elle le devrait ». Et dans sa diatribe, il n’avait pas mis plus de frein en pourfendant « des magistrats jusqu’au-boutistes, un système syndical dispendieux et des partis politiques globalement disqualifiés ».

« LE PREMIER MINISTRE A DEMANDE MA TETE »

Effectivement, ça taille sévère. Et à l’Elysée, à Matignon et au ministère de la Justice, les grimaces ont dû ternir les faces des hautes élites. Surtout que dans le même élan au Palais-Bourbon devant l’Assemblée Nationale, le général avait encore dressé un tableau peu rutilant de la sécurité et de la justice en France: « En toute franchise, j’ai expliqué les difficultés que rencontre la gendarmerie: six mille emplois supprimés, une procédure trop complexe, une justice sans moyens, des délinquants dans la nature malgré l’engagement des gendarmes et des magistrats, des coupables mieux considérés que les victimes. Pour avoir fait ce constat, le Premier ministre a demandé ma tête… »
Avec cette nouvelle
sanction des grands décideurs, le général Soubelet se pose des questions sur son rôle au sein de cette grande institution, voire même des équations existentielles, « Pour être mis à l’écart dans ces conditions, j’ai l’impression de constituer un danger pour mon pays, ce qui m’amène à réfléchir à mon avenir immédiat et à la manière dont je vais continuer à servir la France. Je tire la conclusion que l’Etat a suffisamment de compétences et de talents pour payer des responsables d’un certain niveau à ne rien faire ». Comme quoi, le général Soubelet n’a pas la langue fermée à double tour dans la poche de son veston de la gendarmerie.
Samedi et dimanche au Crowne Plaza, il ne mâchera pas plus ses mots en aposant sa signature au livre …qui lui vaut d’être rangé dans la bibliothèque des refoulés.

Crowne Plaza, 7 place du Capitole, 31000 Toulouse. Tel: 05 61 61 19 19

Laurent Conreur


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