L’idée force du maître catalan repose sur la vaste promenade centrale arborée de 600 mètres, équivalent à la surface de deux Place du Capitole, sur 17 mètres de large ralliant le Canal aux boulevards. Début des travaux en avril 2017 pour une livraison décembre 2019 pour un coût de 20 millions d’euros.
Entre Toulouse et l’Espagne, c’est une histoire de coeur. Un choeur d’histoires. Durant la Retirada et la dictature de Franco, la Ville rose est auto-baptisée capitale de l’exil espagnol. Déjà, en 1833, plus de 1000 Espagnols fuyant un conflit de succession dans la capitale madrilène avaient trouvé refuge à Toulouse. Comme quoi à Toulouse, du sang espagnol coule dans les veines. Alors quand les projets d’urbanisme et d’aménagement « s’espagnolisent », la communion opère avec un évidence certaine. En effet, quand Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, a ouvert une première fenêtre sur la possible métamorphose des allées Jean-Jaurès en ramblas, une lumière a éclairé son option. Même si une version Champs-Elysées made in Toulouse n’était pas totalement exclue.
Sous l’égide de l’urbaniste catalan Joan Busquets, le maire de Toulouse a officialisé une mue bicolore, barcelo-parisienne pour voir naître des ramblas jardin extraordinaire…à la toulousaine. L’idée force du maître catalan repose sur la vaste promenade centrale arborée de 600 mètres, équivalent à la surface de deux Place du Capitole, sur 17 mètres de large ralliant le Canal aux boulevards, rappelant le pan catalan. Concernant la portion parisienne, elle se résume aux vastes trottoirs de 15 mètres de large se substituant aux actuelles contre-allées. Avec leur disparition sont exclues les 222 places de parking, sauf les emplacements handicapés, mais qui seront compensées par les 400 places du futur parking souterrain.
Sur le volet circulation, les actuelles 2X3 voies se transformeront en 2X2 voies, dont une exclusive pour la circulation des bus. « Aujourd’hui, un 1/6 des allées est dédié aux piétons et 5/6 aux voitures. Avec ce projet, nous arrivons à l’équité, 50% pour les piétons et 50% pour les voitures » précise Jean-Luc Moudenc, et d’ajouter concernant l’animation de la promenade centrale, « L’espace aura sans doute vocation d’accueillir des événements ponctuels, mais à ce stade, aucune installation fixe n’est envisagée ».
20 MILLIONS D’EUROS POUR UNE LIVRAISDON EN DECEMBRE 2019
Dans le Toulouse en Grand que veut bâtir Jean-Luc Moudenc, ces ramblas symboles d’un Toulouse apaisée ont toutes raisons d’éclore. « Ces ramblas prolongent Wilson jusqu’au Canal, qui devra devenir aussi un espace plus apaisé » confie Joan Busquets.
« Les ramblas, cela fait quinze ans que l’on en parle. Nous, on va les faire » insistait Jean-Luc Moudenc, architecte du Toulouse du XXIe siècle. A pas cadencés. Puisque les premiers travaux de l’espace public en surface sur la partie basse des allées, de concert avec la réalisation du parking, seront entamés en avril 2017 pour livrer le produit fini en décembre 2019. Avec une enveloppe de 20 millions d’euros portés par la mairie pour les ramblas, et 27,5 millions d’euros pour le parking financés par Indigo Park.
A Toulouse, la corne espagnole pousse un peu plus pour un paso double avec la richesse patrimoniale.
Laurent Conreur
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