Culture

Christophe: « Les Vestiges du Chaos », un sommet en somme

Christophe sort scintillant en satin un sommet en somme de sa discographie vertigineuse avec "Les Vestiges du Chaos", dans les bacs le 8 avril.

Christophe sort scintillant en satin un sommet en somme de sa discographie vertigineuse avec « Les Vestiges du Chaos », dans les bacs le 8 avril.

Le beau bizarre oscille. Fugueur-explorateur. De la pop populaire air de minet d’éternité pour « Aline » au Baudelairien de tous les détails musicaux de taille comme le floydien « Mal comme ». Christophe Bevilacqua sort scintillant en satin un sommet en somme de sa discographie vertigineuse avec « Les Vestiges du Chaos », dans les bacs le 8 avril.
Conçu quand Paris dort et quand Christophe est en éveil, cet opus est dans un temps hors du temps. Un nouveau Paradis retrouvé dans son unique jardin d’Eden de dandy surdoué. « Les Vestiges du Chaos », c’est d’entrée OK en écho. Une superproduction sans trucage mais aux effets spéciaux stupéfiants, aux vertiges prestige, où l’on croise en guest Alan Vega de son « Suicide » d’avant-garde gardé aux frais par Sieur Christophe, Anna Mouglalis, en icône pin-up à Christophe yéyé-flirter-aimer, et Jean-Michel Jarre pour une retraite en flambant.
Avec une échappée belle vers un trépas tripé avec Lou Reed.
Christophe fait décidément de son existence une oeuvre d’art, un Louvre d’or musical fusion éruption psychédélique des années 70, d’un parlé-chanté rock elvisien revenu de Saturne, et de la gloire-fouille des nouvelles technologies. Le romantisme de Chateaubriand avec un refrain de circonstances atténuantes « Mes chansons ne sont pas des chansons , mais des feuilles détachées et tombées presque hasard sur la route de ma vie » trouve avec Christophe ici dans ce « Vestiges du chaos » les écarts en grand des grands écarts qui nous écarquillent.
Eblouis par l’éblouissant « Dangereuse », on est conduit à vitesse illimitée et en dérapage en épingle, carburateurs débridés de poésie, vers les lignes droites envoûtantes et hypnotiques de « Tu te moques », « Océan d’amour », « Lou » ou « Mes nuits blanches ».
Au total, un moteur vrombissant 13 cylindres en C, avec les « Mots fous » pour donner une teinte éblouissante aux « Mots bleus ». Christophe le solitaire a son sol sur la terre. A toutes les serrures ouvrant la porte de la création, il a toujours trouvé la clef.

« Les Vestiges du Chaos », sortie le 8 avril

Laurent Conreur


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