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Un jour, Une femme : Bettina Couderc, chercheur

En cette Journée de la Femme, Bettina Couderc, une sommité chercheur en biologie moléculaire et biotechnologie à l'Institut Claudius Regaud, IUCT-Oncopole  se confie dans "Un jour, Une femme".

Professeur Bettina Couderc, chercheur en biologie moléculaire et biotechnologie (individualisation des traitements des cancers ovariens et ORL), Institut Claudius Regaud, IUCT-Oncopole (Institut universitaire du cancer-Oncopole de Toulouse).

La Journée internationale des droits des femmes. Qu’en pensez-vous ?
Pour moi, cette journée est très importante. J’ai deux filles de 21 et 23 ans à qui j’ai fait lire « Les cerfs-volants de Kaboul » de l’Américain d’origine afghane Khaled Hosseini. Quand vous voyez les conditions des femmes en Amérique Latine, des opposantes politiques qui se font assassiner, les conditions de vie des femmes en Iran, en Arabie Saoudite etc. Oui, cette journée me semble essentielle.

Officialisée par l’ONU le 8 mars 1977, cette fête dresse chaque année un bilan de l’évolution de la condition féminine dans la société. Diriez-vous que l’égalité professionnelle par exemple est reconnue dans la recherche ?
Dans mon métier, les enseignants-chercheurs sont fonctionnaires de l’Etat, donc on a les mêmes droits et les mêmes grilles de salaires, mais même si la parité est respectée dans les conseils d’administration ou les conseils scientifiques, la voix des hommes comptent toujours plus au bout du compte.Si vous observez les postes de direction, le directeur de l’Institut Claudius Regaud est un homme, et tous les pôles de santé sont dirigés par des hommes.
D’un autre côté, les femmes ont des enfants dont elles s’occupent tandis que les hommes restent plus longtemps au travail, donc c’est un peu logique. Je pense que les femmes doivent avoir le choix et ne pas être stigmatisées si elles préfèrent s’occuper de leurs enfants plutôt que de faire carrière. Mais faire les deux, c’est presque impossible. Donc pour les mères isolées, c’est très dur.

Le féminisme pour vous, c’est quoi ?
Je ne pense pas être féministe. J’ai beaucoup de respect pour ce qui a été fait, les suffragettes, le droit de vote, mais pour moi, l’égalité à tout crin, ce n’est pas possible. Nous sommes juste différentes des hommes. Et il faut respecter cette différence, ne pas mépriser les femmes qui ne font pas le choix de tout avoir. Les jeunes générations ne me semblent pas heureuses et les vétérinaires, les diplômées font peur aux hommes, elles sont très seules alors que souvent elles ne le souhaitent pas, mais elles ne trouvent personne. Certaines jeunes filles en arrivent à avoir honte de parler de ce qu’elles font de peur de faire fuir celui qu’elles viennent de rencontrer. On est vraiment dans une époque de transition et je dois dire que pour certaines, c’est très difficile.
Etre une femme en 2016, c’est plus difficile que d’être un homme. Une femme doit tout réussir et on ne lui pardonne jamais rien. Un homme bedonnant à 50 ans, ça ne pose pas de problème, une femme doit toujours faire attention à tout. De même, une femme n’abandonnera jamais ses enfants, alors que si c’est un homme…

Pourriez-vous nous citer une personnalité féminine toulousaine marquante ?
Sylvie Loisel. Elle est ingénieur aéronautique et est la première femme qui fait des essais en vol. Elle a du caractère. Je côtoie aussi des femmes formidables tous les jours : des médecins, secrétaires, aides soignantes, chirurgiennes, infirmières, qui ne ménagent ni leur peine, ni leur sourire.La cancérologie est un métier difficile, elles ne perdent ni courage, ni bienveillance, ni leur ouverture aux autres.

Comment comptez-vous célébrer cette journée particulière ?
En essayant de m’intéresser encore  plus aux femmes qui m’entourent et en les écoutant peut-être encore plus. En favorisant encore plus l’entraide entre femmes car il est primordial que l’on se soutienne toutes. Je voudrais aussi ouvrir les yeux des plus jeunes sur la chance que nous avons de vivre dans des pays où la femme est libre et a des droits, en militant pour les droits des femmes.

Une citation qui vous ressemble ?
« Patience et longueur de temps font mieux que force ni que rage. »

Propos recueillis par Maïa de Martrin

Renseignements: www.bioethique.com

 


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