Culture

Gainsbourg, ton amour mort n’en finit pas de mourir

Un dimanche matin du 3 mars 1991, y’ avait pas de soleil sous la terre. Drôle de croisière. Un cinquième arrêt du coeur au stop de la rue de Verneuil, et Gainsbourg tirait son irrévérence.

Un dimanche matin du 3 mars 1991, y’ avait pas de soleil sous la terre. Drôle de croisière. Un cinquième arrêt du coeur au stop de la rue de Verneuil, et Gainsbourg rentrait dans son trou pour s’évader dans l’au-delà à la bouche pour quitter la rive, pour partir sur la grande route, pour partir les pieds devant. Pour ne plus entendre parler de trous, de petits trous et s’envoyer dans un grand trou. Le Don Juan dadaïste tirait son irrévérence. Classe, fun et raille. Gainsbarre ne se bourrera plus car Gainsbourg se barrait. Il était venu nous dire qu’il s’en allait. Et il ne déconnait pas l’icône. Icône devenue post-mortem à coups de requiem pour résurrection. Car de son vivant, il a longtemps vécu l’anamour transitoire. Il était pourtant né sous la bonne étoile…jaune. Il aurait pu régler les cons et les comptes avec son étoile…de shérif. Et pourtant, il était beau, beau comme…Rimbaud. Et comme Rimbaud, dans sa bohème, il allait les poings dans ses poches crevées, Oh ! là là ! que d’amours splendides il a rêvées. Et c’est quand il a pris les armes etcaetera, que le jour de gloire est arrivée. Zig zig avec toi, moi, depuis longtemps je t’aime. Et lorsque ton corps zigzague, zig zig toi et moi, zig zig hum, quel émoi en moi depuis ..Depuis qu’à rire tu m’incites, depuis que ton humour anthracite a tourné en dérision mon dédain et ta passion. Et chaque fois les feuilles mortes me rappellent à ton souvenir. Jour après jour, ton amour mort n’en finit pas de mourir.

Laurent Conreur


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