Dans la coupe et dans la mise en pli dès le plus jeune âge. Julien Salles, JS Men’s Barbers, a toujours eu une certaine idée de la frange. Si tout un chacun est né dans un oeuf, lui a, en phase prénatale, cassé la coquille. « Je suis né dans les cheveux. Mes parents étaient coiffeurs, mais j’ai aussi de la famille dans la profession de tailleur. D’ailleurs, les hommes peuvent venir ici au salon pour un costume sur mesure, car mon beau-père est tailleur.Il suffit de caler un rendez-vous ». Pas besoin de s’arracher les cheveux, Julien Salles a très vite su comment il allait peigner sa carrière professionnelle. En artiste du ciseau, et depuis l’émergence du poil à la face de l’homme, de trois jours chez les métrosexuels, abondant et façonné chez les hipsters, en magicien du rasoir. « Gamin, j’étais tout le temps dans les salons de mes parents. Ensuite, j’ai suivi le parcours classique, apprentissage, CAP et BEP. Puis, j’ai été formé, forgé chez Stephan University à Toulouse. Stephan m’a permis d’acquérir une méthode de coupe, car, il faut être honnête, quand on sort de l’école, on ne sait pas couper les cheveux. Il faut couper, recouper, et ainsi se diversifier en fonction des profils et des cheveux. Et c’est en se diversifiant que l’on trouve son identité ». Autrement dit trouver sa griffe et sa gestuelle pour couper court à tout délit et délire d’extravagance capillaire.
IL N’EST PLUS LE FREUD DU CHEVEU DE CES DAMES
Julien Salles, un mec au poil, coupe et taille.. au poil. Pour un idéal masculin dorénavant en solo dans son antre de JS Men’s Barbers, avenue Saint-Exupéry, depuis mars 2014. Car, durant les quinze précédentes années, le coiffeur-barbier toulousain a fait du elle et lui, jonglé entre des confessions et des processions. Le cheveu en épis sur son crâne pris de tête, et pourtant loin d’être misogyne, il a mis un coup de ciseau pour couper le cordon commercial avec la gent féminine. Il en sourit aujourd’hui: « Dans les salons mixtes, avec ces dames que j’adore par ailleurs, j’ai plutôt fait quinze ans de psychanalyse. Et puis j’ai constaté que le créneau du salon hommes disparaissait de plus en plus. A Toulouse, dans la grande majorité, on ne trouvait que de vieux coiffeurs ». Sans se muer en macho-biscotto, Julien Salles décidait de reprendre sa boîte à outils capillaires et de la poser dans cet alors ancien salon de la rue Saint-Exupéry. « La maman tenait ce salon puis le fils. Quand je l’ai pris, j’avais juste ma valise et aucune clientèle. C’est l’emplacement qui m’a séduit, car cette rue et ce quartier bougent bien. Il y a de chouettes commerces et une clientèle de qualité. Je voulais retrouver ce salon d’avant où on parle rugby, auto, et rock’n'roll. Ici, il n’y a pas Gala ou Voici, mais des magazines sur la mode homme ou sur l’automobile » précise Julien Salles, qui commente son salon où l’on cause à l’aise. Où il n’est plus le Freud du cheveu pour ses chères dames en conflit de copinage.
LE RASAGE AVEC LES VIEUX BARBIERS TOULOUSAINS
Il a même masculinisé un peu plus son salon, en usant du retour de la barbe à papa revisitée en barbe avec total look sapes et coupe à la James Dean modernisée. « Le retour de la barbe a relancé l’activité. Alors pour profiter de ce créneau porteur, une mode éphémère toutefois, je suis allé tous les lundis durant plusieurs mois chez les derniers vieux coiffeurs-barbiers pour apprendre les meilleures ficelles du rasage. Etre barbier, cela booste la profession vers le haut, c’est bien. Aujourd’hui, j’ai un ratio client de quatre coupes de cheveux pour un rasage. Mais vous savez, les longues barbes des hipsters, c’est de sacrées contraintes. Tiens, d’ailleurs quand je vous parle d’effets de mode, sachez aussi que l’actualité joue aussi. Dernièrement trois cliens m’ont demandé de raser leur long barbe, car après les attentats, on leur a dit qu’ils avaient des look de terroristes ». Force est d’avouer que Julien Salles a allumé les bonnes mèches avec ciseau et rasoir et le must des produits American Crew. Et des personnalités toulousaines n’y ont pas coupé, les Arnaud Chérubin, Clément Poitrenaud ou Martin Braithwaite. On vous le disait bien, Julien Salles, ce mec est au poil.
JS Men’s Barbers, 53 rue Saint-Exupéry, 31400 Toulouse. Tel: 05.61.24.29.20. Ouvert du mardi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 19h.
Laurent Conreur
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