Là-haut, tout là-haut, veillant sur l’évolution de sa ville, Claude Nougaro doit se réjouir: l’Espagne va un peu plus pousser sa corne à Toulouse. Avec l’annonce faite hier par Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, de la métamorphose des allées Jean-Jaurès en ramblas, la ville va donc de se « Barceloniser ». Alors qu’une incarnation Champs-Elyséenne avait aussi couru dans les coursives du Capitole. Mais Toulouse, c’est le Sud, où comme chantait feu le dandy lotois, « Le temps dure longtemps. Et la vie sûrement. Plus d’un million d’années. Toujours en été ». En l’occurrence, une mue latine se montre naturelle pour l’axe historique du centre de Toulouse qui donne un peu plus le ton de ce Toulouse en Grand voulue par Jean-Luc Moudenc, premier bâtisseur affiché de la Ville rose. Grand dans sa modernité, grand dans son ambition, grand dans sa stratégie visionnaire. « Les projets de demain s »imaginent aujourd’hui » prononce le maire de Toulouse avec cette envie raisonnée de voir sa cité s’embellir.
UN PROCESSUS ANTICIPE
Et les allées Jean-Jaurès en bi-nationalité espagnole sont vitrines de ce credo. Pour une convertion anticipée à cause de la procédure de construction d’un deuxième parking souterrain en haut des allées Jean-Jaurès devant ouvrir avant la fin du mandat, car à l’origine la nouvelle version des allées Jean-Jaurès ne devait pas éclore avant 2020. D’où cette démarche d’intelligente évidence. »Le flux actuel de circulation observé rend possible cette option ramblas », garantit Jean-Luc Moudenc.
Pour donner un plus la couleur ibère à la cité des Capitouls, le projet ramblas est confié à l’architecte-urbaniste catalan Joan Busquets, déjà en mission pour la transfiguration du coeur centre de la ville et de son poumon ferroviaire de la gare Matabiau (Lire aussi sur www.toulousepost.com).
LE DESSIN N’EST PAS ENCORE ARRETE
Si le dessein de cette artère poutre n’a pas encore révélé son dessin, Jean-Luc Moudenc en a livré quelques exquises esquisses: une large esplanade au centre avec deux files de circulation de part et d’autre et l’élimination des contre-allées et des zones de stationnement associées, ces dernières passant en souterrain. En ce jour événement, le maire de Toulouse n’a toutefois pas encore fixé le calendrier et l’enveloppe financière de ces travaux historiques. Mais qui devraient toutefois, en raison de la proximité, prendre le train de la modernité avec la mue de la gare Matabiau et l’arrivée de la LGV en 2024, et ce d’autant plus que la rénovation de la rue Bayard est entamée ce mois-ci pour montrer son beau lifting mi-2017.
« Changes », scandait Bowie, infatigable passeur de modernités, spectaculaire accélérateur de l’histoire de la musique et d’arts. Jean-Luc Moudenc et son équipe reprennent « Changes » en coeur pour changer le coeur de Toulouse.
Laurent Conreur
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