« Libre, libre comme cet oiseau bleu…Je n’ai plus rien à perdre ». Extrait comme une épitaphe de « Lazarus » dans « Blackstar », son dernier opus « over the world », « over the rules », livré samedi, du seul androgénie de la musique pop-rock. Un clip où Ziggy Stardust The Star semble habité d’un ailleurs. Comme s’envolant vers sa dernière odyssée. Noire est l’étoile. David Bowie, né David Robert Jones en 1947 dans le quartier de Brixton à Londres, est mort paisiblement ce matin. La grande boule à facette de miroirs de diamants, Ziggy, Major Tom, Aladdin Sane, Spaceman, « The man who sold the world », The Tin White Duke, ne brille plus dans notre voyage imaginaire, imaginant aimant cet amant.
Voyage au bout de Bowie, de celui qui nous laisse une valise de créations uniques, une malle d’anticipations et de mise en abîme, une caverne de réinventions phantasmagoriques. Bowie is an heroe for all days.
Un héros qui a mis le monde cul par-dessus tête en juillet 1972 sur la plateau de ‘Tops of the tops », en foudroyant en apesanteur toute une génération avec son culot androgyne et le glamour spatial de son Ziggy d’avatar, lors de sa première apparition dans son interprétation de « Spaceman ». Unique. Jamais égalé.
Bowie, c’est aussi un érudit, un grand livre qui fait partie de la matière écriture, qui a su ouvrir les pages de l’art, de la mode, du théâtre et du cinéma. Bowie, l’être suprême qui a placé la décadence dans la case de l’élégance. Bowie est mort pour notre crédit, un solde de chansons transes, avec surtout cette trilogie berlinoise, « Low », « Heroes » et « Lodger », au sommet du Mur frisant le toit de la perfection. L’insolence en excellence. Alors Voltaire pour sublimer Bowie, « Il faut jouer la pièce avec un majestueux enthousiasme, bien morguer le public et le traiter avec la dernière insolence ». Sans sa voix, plus de voie à suivre.
Mes 10 étoiles du cosmos Bowie
« The Man who sold the world », « Space Oddity », « Ziggy Stardust », « Spaceman », « Heroes », « Rebel, Rebel », « Rock’n'roll Suicide », « Diamond Dogs », « Station to Station », »Blackstar ».
Laurent Conreur
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