« L’action publique doit préparer l’avenir. Il s’agit d’une nécessité absolue dans le cas de Toulouse, dont l’identité repose sur la conjugaison d’une qualité de vie particulière et d’un développement ambitieux. Voilà pourquoi nous voyons et construisons Toulouse en grand ». Les propos de Jean-Luc Moudenc ne sont en rien mégalomaniaques, mais au contraire reposent sur une réflexion de bon sens nourrie de pragmatisme et d’évidence. Toulouse à l’horizon 2020-2030 entame sa mue avec un objectif double, en raison entre autres d’un afflux de population: un concentré de modernité, d’ouverture à l’international et de dynamisme économique et une signature de l’excellence de son patrimoine, architectural, naturel ou historique, et ce dans le cadre de sa candidature à l’Unesco. 20 opérations urbaines sont programmées, ou en cours pour certaines, pour métamorphoser le coeur de la Ville rose, et ainsi le faire battre sur un rythme soutenu et séduisant.
Au centre de ces travaux d’intérêts généraux, la gare Matabiau, le poumon populaire de Toulouse qui va prendre un nouveau souffle avec l’arrivée de la Ligne à Grande Vitesse qui permettra de joindre le Capitole à la capitale en trois heures en 2024. Et qui ainsi dopera la fréquentation ferrovière, pour afficher un transit de 20 millions de personnes par an en 2024 contre 12 millions en 2015. Avec au carrefour de ce noeud géant des transports la 3e ligne du métro en 2024 également.
MATABIAU, UN PROJET DE PRES D’UN MILLIARD
Dorénavant, Matabiau rime avec TESO, Toulouse Euro Sud-Ouest, un futur quartier de 400 hectares qui va donner un autre visage à Toulouse via le coup de crayon de l’architecte catalan Joan Busquets. Pour dessiner une face bien plus élégante que celle offerte…à la face des touristes débarquant à Matabiau actuellement. « Notre idée est de présenter aux voyageurs une impression inoubliable de notre ville et de les guider tout droit vers un centre-ville rénové et apaisé. Le parvis et la rue Bayard accompagneront ce grand virage » annonce-t-on au sein de l’équipe municipale. Soutenue par l’Etat, la Région, le Département, Toulouse Métropole, la SNCF et Tisséo, ce projet d’envergure va défrayer la chronique en faisant l’objet d’un PIM, Projet d’Intérêt majeur, « C’est la première fois qu’un tel projet, présidé par le Préfet de Région, est signé dans une ville de Province » se réjouit Anette Laigneau, vice-présidente de Toulouse Metropole et adjointe à l’urbanisme et aux projets urbains. Avec une telle transformation pour un coût global de près d’un milliard d’euros, Matabiau et ses alentours ne seront plus que l’ombre d’elle-même, mais au contraire un soleil pour faire briller Toulouse, avec l’apport notable de 400.000 m2 de bureaux, commerces et logements qui verra la Ville un peu plus pousser sa corne d’abondance, comme l’aurait chanté Claude Nougaro.
Les travaux sont déjà sur les rails, et vont atteindre une grande vitesse à partir de 2017, comme le confirme Anette Laigneau, « En décembre, a été engagée la construction d’un nouveau quai à Matabiau. Le chantier de la rue Bayard va débuter au cours de ce mois, mais c’est en 2017 que les travaux les plus spectaculaires vont avoir lieu avec le nouveau parvis de Matabiau et la construction des nouveaux immeubles autour de la gare ».
Toulouse est vraiment dans un nouvel aiguillage pour une destination vers la modernité et l’élégance. Avec Matabiau comme locomotive ses prochains wagons luxueux comme la nouvelle vie de la Garonne et de ses ports historiques, ou l’aéation et la mise en valeur du centre-ville. Toulouse demain, c’est aujourd’hui. Le changement, c’est maintenant…
Laurent Conreur
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