Hier au Stadium, Toulouse sur son 31 a mis la tête à l’envers de Toulon, 31 à 8. Et si le Stade Toulousain 2015-2016 refaisait le coup du Stade Français 2014-2015, en remportant le Brennus.Tout rapproche les deux anciens grands ennemis. Photo AFP
Ils ont été les ennemis des années 2000, d’un côté le rugby tradition culturelle et de l’autre le rugby flambeur flambant. Le duel des Stades. Le Toulousain et fleuron de France, et le Français et fleur de Paris capitale. La copie de l’un est devenue l’original de l’autre. Et l’originalité de l’un a permis à l’autre de revoir ses origines. Guazzini s’est inspiré de Bouscatel, et Bouscatel s’est immergé dans l’univers Guazzini. Laporte et Galthié ont suivi la partition Novès. Novès a repris le tempo Laporte et Galthié. Jamais l’un sans l’autre. Toujours l’un contre l’autre. Comme deux frères jumeaux luttant pour l’hégémonie familiale. Dans ce copier-coller, et si le Stade Toulousain 2015-2016 collait à la copie du Stade Français 2014-2015. Avec au final la conquête du Brennus. Dont les Toulousains sont privés depuis 2012. Comme le Stade Français l’espérait depuis 2007. Ils se sont tant affrontés, tant aimés, tant comparés, qu’ils pourraient encore se mesurer dans le dénouement final de cette saison. Aujourd’hui, après la victoire des paroles et des actes contre Toulon, le Stade Toulousain d’Ugo Mola a son mot à dire pour la conquête du Brennus. Comme l’a eue l’an dernier le Stade Français de Gonzalo Quesada.
MOLA ET QUESADA, UN AIR DE FAMILLE
Qui se ressemblent s’assemblent. Déjà Gonzalo Quesada et Ugo Mola affichent un profil similaire: le genre gendre idéal, la sympathie en affiche, même si derrière la colle, il n’y a pas un papier qui doit dépasser. Quesada et Mola ont hérité du palmarès de prestigieux ainés, et tous deux savent en demeurer d’une basique humilité. Pour mieux mettre en exergue les autres, les joueurs surtout. Les jeunes notamment.
En cette fin d’année, le Stade Toulousain a des franches similitudes avec le Stade Français de l’an dernier. Calé au sommet du championnat, premier pour le Stade Toulousain, sans trop montrer sa frimousse, mais en traçant sa route. Mais aussi, contrairement aux autres cadors du championnat, délesté du poids de la Coupe d’Europe. Comme le Stade Français l’an passé. « Si personne ne rejoint l’infirmerie, on devrait récupérer presque tous nos joueurs dans les trois ou quatre semaines à venir. On peut espérer être plus compétitifs en février et mars. Et la phase que l’on vient de traverser nous servira pour la fin de la saison » avouait, hier soir, Ugo Mola, souriant sans jamais être exubérant.
« Nous avons encore de l’oxygène en championnat et on doit le garder » confie Vincent Clerc, régénéré cette année, et qui a été étouffé, comme ses partenaires, par l’Ulster en Coupe d’Europe. « Nous ne sommes jamais rentrés dans cette compétition » concédait Ugo Mola, et c’est peut être tant mieux pour ne pas trop se consommer, et ainsi pouvoir se dépenser sans compter en Top 14.
Se dépenser avec sa jeunesse jonglant entre euphorie et pragmatisme. Une jeunesse qui a fait les beaux jours du Stade Français l’an dernier, les Plisson, Camara, Bonneval, Danty…Une jeunesse qui prend un certain pouvoir à Toulouse, les Bézy, Fickou, Marchand, Baille, Camara, Aldegheri, Galan, Bonneval…
A l’heure où le mercato rugby devient un peu dingo, le Stade Toulousain a aussi gagné hier contre Toulon le match de la sagesse: le tandem Mola-Pelous a inscrit 19 joueurs Jiff sur les 23 sur la feuille de match, et 12 sur 15 au coup d’envoi. A l’image du Stade Français l’an dernier…
Alors, et si le Stade refaisait le coup du Stade…Au fait, lors de la prochaine journée, le champion sortant surprise reçoit la possible surprise de cette saison…
Laurent Conreur
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