La main de l’un sur le manche de la casserole, la main de l’autre sur le cuir de l’ovalie. Et vice avec vertu, et versa. Passe redoublée entre ces deux amoureux du geste, Pierre Pardiès et Christophe Gasc. Recadrage avec juste ce qu’il faut de débordement délicieux. Avec eux, le coeur est sur la table de « La Gazette », et le bon goût au creux de l’assiette. A la une du « canard », avec magret, chair fondante et peau croustillante, une des lignes éditoriales des produits sud-ouest de ce seul établissement à escale culinaire rue du Rempart Saint-Etienne à Toulouse, l’hospitalité sincère. Les deux font la nouvelle paire de centres d’intérêts partagés par la clientèle chic chou et genre bon. Avec le rugby comme sel pour aromatiser leur menu avec cet art bien français de la commensalité.
TAPAS AVEC CRAN OU L’ENSEMBLE DEGAGE DU SENTIMENT
« On n’est pas des businesmen. On est des mecs de coeur avec leurs qualités et leurs défauts. Des mecs entiers avec le plaisir à la Gazette de faire plaisir aux gens » souligne Christophe Gasc, dorénavant copain comme cochon de Bigorre avec Pierre Pardiès, pour que nos groins clients s’encanaillent à la Gazette les jeudi, vendredi et samedi soirs. Avec comme règle du jeu, et non du je, rien pour l’égo, tout pour le goût. « Pierre a ouvert l’établissement en 2014 avec ouverture du lundi eu vendredi uniquement le midi. Il a décidé de s’associer avec moi pour faire le soir. Ce challenge m’a plu. Nous voulons donner une touche conviviale en proposant des tapas sympas avec des bons produits frais, et certainement bientôt un bar à huîtres. C’est pour cela que nous avons instauré ses tables bars modulables. » Comme un mêlée méli-melo multo bene, où l’assiette a du cran, et où l’ensemble dégage du sentiment.
DE BELLES ASSIETTES, COMME DE LA BELLE CUISSE…
Avec un accord terre-mer sur la carte, « La Gazette » suit à la ligne avec application les règles du lard et du poisson. Avec la gentillesse adaptée aux animaux, dans les plats et sur les chaises. Il faut dire que Pierre Pardiès a déjà planté ses crampons sur ce terrain de la gastronomie bien troussée où on ne lui raconte pas de salades. Où les écrits culinaires restent. Généreux. De la belle assiette, comme de la belle cuisse. Musclée, avec tout ce qu’il y a de conséquent dans le mordant décisif. Du cuissot de troisième ligne comme deux de Pierre Pardiès , lièvre et lion à la fois, coureur et chasseur, ont été sous les maillots du SU Agen et à Chateaurenard. A Agen, où le fils de Guy Pardiès, demi de mêlée de l’époque impériale Albert Ferrasse, star éternelle du rugby italien, a monté son premier établissement avec Didier Casadéi, l’actuel coach de Brive, baptisé « Le Blondin ». Blondin, Antoine de son prénom pour les intimes, romancier et journaliste, Blondin et ses encres vagabondes pour le Journal « L’Equipe » et ses échappées très belles lors des étapes du Tour de France.
En partageant le maillot de la « bonne bouffe » , en se mettant à une nouvelle page à « la Gazette » avec Christophe Gasc, ancien journaliste au Midol et à l’Equipe, Pierre Pardiès reforme une charnière prête à écrire quelques tranches de vie entre les lignes avec l’encre de l’ovalie qui, ici, embaume le palais.
La Gazette, 30 rue Du Rempart Saint-Etienne, 31000 Toulouse, 05 61 21 15 81
Laurent Conreur
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