
La tombe du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe, nommée « la Dalle Sacrée ». Un soldat choisi par l’engagé volontaire Auguste Thin, le 8 novembre 1920, qui désigna le 6e cercueil parmi les huit inconnus tombés pour la France sur les champs de bataille les plus meurtriers de cette « Grande Guerre ».

Tous les ans le 11-Novembre est honoré, ici avec les Saint-Cyriens, pour respecter l’inaltérable devoir de mémoire.
Oxymorons, nous oxymorons souvent, « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles… » dans « Le Cid » de Corneille. Mais encore, « J’écrivais des silences », « Les générosités vulgaires », « Les tendresses bestiales » , « Le luxe dégoûtant » , « Le silence éloquent » ou encore « Les honnêtetés tyranniques » ou « Les splendeurs invisibles », voire « La philosophie féroce » de Michel Onfray. Tant de figures de style ou comment expliquer par la contradiction. Alors oxymorons et explorons la connaissance du Soldat Inconnu. Et à des fins pédagogiques. Car qui sait pourquoi, comment et dans quelles conditions une tombe a été installée sous l’Arc de Triomphe, place de l’Etoile à Paris, le 11 novembre 1920? Un soldat non identifié, mais reconnu français, représentant et symbolisant tous les soldats morts lors de la Première Guerre mondiale, appuyée par cette épitaphe « Ici repose un soldat français mort pour la patrie – 1914-1918″. Une sépulture composée d’une dalle de granite de Vire, entourée de bornes de métal noir reliées entre elles par des chaînes, et après la Seconde Guerre mondiale apposée à l’entrée du mémorial un bouclier de bronze portant en son coeur un glaive enflammé, don des Alliés, à la gloire des armées françaises et en mémoire de la Libération de Paris.
LA « DALLE SACREE »
Cette « Dalle Sacrée » popularisée par le Général Weygand verra le jour après moult projets proposés pour honorer les morts dès la première année de la « Grande Guerre ». Le 2 juillet 1915, la mention « Mort pour la France » est instituée par la loi. Le 20 novembre 1916, lors d’un discours au cimetière de Rennes, François Simon, président de la section locale du Souvenir Français, créé en souvenir des morts de la guerre franco-prussienne de 1870, propose de faire entrer au Panthéon un combattant ignoré mort bravement. Là où reposent tant de gloires et de génies nationaux. Cette suggestion ne trouve écho qu’après la fin d’un conflit horrible, et ne se manifeste que par un livre d’or. Le 12 septembre 1919, la Chambre des députés valide la proposition d’inhumer » un déshérité de la mort ». De son côté, le Gouvernement nourrit d’autres volontés, comme celle de profiter du second anniversaire de l’Armistice pour célébrer le 50e anniversaire de la Troisième République et porter le coeur de Gambetta au Panthéon. Pour lier les deux conflits, celui de 1870 perdu et celui de 14-18 gagné. Entre les deux chambres, les désaccors majeurs donnent le ton de la discorde politique. La décision sera prise le 8 novembre 1920, avec comme sépulture l’Arc de Triomphe, et le Panthéon pour le seul Gambetta.
Reste le choix du soldat à inhumer. Cornélien. André Maginot, ministre des Pensions, préside la cérémonie dans un lieu fort et mythique des combats: la citadelle de Verdun.
AUGUSTE THIN A CHOISI LE 6
Huit corps de soldats non identifiés et exhumés dans les huit régions de France, où la guerre a connu ses heures les plus horribles (Flandres, Artois, Somme, Ile-de-France, Chemin des Dames, Champagne, Lorraine et Verdun), sont transférés à Verdun. Il reviendra au hasard du choix du soldat de deuxième classe du 132e régiment d’infanterie, Auguste Thin, pupille de la Nation, de désigner l’élu. Muni d’un bouquet d’oeillets blancs et rouges, le jeune engagé volontaire décida ainsi son choix, « Il me vint une pensée simple. J’appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c’est encore le chiffre 6. Ma décision est prise: ce sera le 6e cercueil. » Il dépose alors le bouquet sur le 6e cercueil et se fige au garde-à-vous.
Le cercueil du Soldat Inconnu fit son entrée solennelle sous l’Arc de Triomphe le 11 novembre 1920, mais ne fut mis en terre que le 28 janvier 1921 en présence des autorités civiles et militaires. La flamme sacrée fut allumée pour la première fois le 11 novembre 1923 par André Maginot, alors que les troupes du 5e Régiment d’Infanterie présentaient les armes animés par l’émotion de la « Marche Funèbre » de Chopin. Depuis, le ravivage de la flamme se déroule tous les soirs à 18h30. L’association « La Flamme sous l’Arc de Triomphe », déclarée le 16 octobre 1930, présidée à l’origine par le Général Gouraud, mutilé de guerre et gouverneur militaire de Paris, et depuis décembre 2012 par le Général d’armée Bruno Dary, ancien commandant de la Légion étrangère et gouverneur militaire de Paris, entretient…la flamme de cette tradition, de notre Histoire, de notre patrimoine. Cet inéluctable devoir de mémoire.
LE VOLONTAIRE ETRANGER
En 1920, Pascal Bonetti, poète et journaliste au « Figaro », au « Gil Blas », au « Matin » et à « La Petite République », officier d’artillerie durant la Première Guerre, rédigera ce poème en l’honneur du volontaire étranger, avec une strophe finale qui émeut dès qu’il l’entend Robert, l’ancien militaire, qui se plaît à perpétuer ce souvenir d’écriture.
Le Monde entier disait : la France est en danger
Les barbares demain, camperont dans ses plaines,
Alors cet homme que nous nommions »l’Etranger »
Issus des mont latins ou des rives d’Hellènes.
Ou des bords d’outre -mers, s’étant pris à songer
Au sort qui menaçait les liberté humaines
Vint à nous, et s’offrant d’un cœur libre et léger
Dans nos rangs s’élança sur les hordes Germaines
Quatre ans, il a peiné, lutté, saigné, souffert !
Et puis un soir, il est tombé, dans cet Enfer…
Qui sait si l’inconnu qui dort sous l’arche immense
Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé
N’est pas cet étranger devenu fils de France
Non pas par le sang reçu mais par le sang versé.
Laurent Conreur
META AREA /META AREA
