Deux fauteuils pour deux. Leur carrière respective mérite bien qu’il ne s’assied, ni l’un, ni l’autre, sur une demi-fesse, ou le cul entre deux chaises. Au contraire, le poids de leur vie d’ovalie doit trouver assise à leur carrure et leur carrière. L’Académie Toulousaine de Rugby n’a pas fait économie de mobilier hier au Capitole à Toulouse lors de leur séance solennelle. En intronisant au 36e fauteuil Jean-Luc Sadourny et au 37e fauteuil Christian Califano, l’illustre institution, bien dans son décor…aux Illustres, a mis en lumière deux monuments du rugby tricolore pour services rendus à la France et à Colomiers pour le premier nommé, sphinx des lignes arrières, pour dépenses sans compter dans les épreuves de force pour le second pour le XV tricolore et le Stade Toulousain dans sa plus grande part d’investissements clubs.
Henri Fourès, Président de l’Académie, a mené cette revue de majors, en non de majorettes, de main de maître, avec comme fond de jeu poutre, la mise en valeur du rugby comme élément et valeur de la culture, de l’éducation et la morale en version originale toulousaine. Avec la loyauté, la sportivité et la tolérance comme règles d’or pur 15 carats. Et avec comme déploiement offensif la promotion de l’image du Club Stade Toulousain en l’associant au centre des intérêts avec la Ville de Toulouse, pour embellir le concept rugby « école de vie ».
DES SOUTIENS DE CHOC DANS LES RUCKS DE RECONNAISSANCE
Hier, avec des soutiens dans les rucks de reconnaissance, comme Didier Lacroix docteur ès plaquage lors de ses années rebelle la vie rouge et noire, mainteneur de l’Académie, et comme René Bouscatel, avocat au tribunal des flagrants et géniaux délires du Stade Toulousain, la partie ne pouvait que s’inscrire dans la mémoire collective. Si on y ajoute des parrains, parents d’un rugby à contempler sur canapé ou sur tapis volant, Jean-Claude Skrela pour l’arrière international columérin, et Emile Ntamack pour le doux dur « Cali », force est de constater que l’armada ralliez le panache ovale était solide sur ses crampons « gloire et bonté ».
Bonté divine, surtout quand aux quatre coins du terrain des illustres, les propos rebondirent sur « l’essai du bout du monde » de Jean-Luc Sadourny contre les All Blacks en 1994. Jean-Luc Sadourny, 71 fois habillé du bleu d’un travail très souvent impeccable, vice-champion d’Europe en 1999 et de France en 2000 avec Colomiers. Gloire modeste pour Christian Califano, même si on ne peut s’empêcher de glisser dans le creux de son oreille choux-coeur qu’il demeure le prototype du pilier moderne unique, doué d’ubiquité puisque aussi à l’aise à droite qu’à gauche. Un pilier qui soutient aussi bien un bien capital que Capitole, avec ses six Brennus avec le Stade, un sacre européen, 72 capes bleues et une place cador dans la dream team de l’European Rugby Cup en 2010.
LE TEMPS D’UNE COMMUNION OVALE, ON A OUBLIE LES PECHES DU RUGBY FRANCAIS
Avec ces deux intronisations royales, la cour d’ovalie s’est aussi enrichie des propos éclairés et éclairants de l’intervenant de la soirée, Jean-Claude Bacqué. Monsieur le porte-parole du rugby amateur à la FFR s’est mué en porte-voix de l’émergence de nations lors de cette Coupe du Monde 2015. Une Coupe du Monde déjà au sommet, en attendant le summum final Nouvelle-Zélande-Australie. Un pic de rugby où la France a dévissé. Hier soir, le temps d’une communion ovale, on a oublié les pêchés français…Jusqu’à quand. Jusqu’au grand pardon avec les messes de Guy Novès.
Laurent Conreur
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