Gastronomie & Art de vivre

Au Capitole, Le Parisien a une place capitale

Marie Fel (à droite), Cantal doux d'origine, avec son chef Michel Laffitte et son équipe, revisite depuis 2001 au au Parisien la cuisine bistrot française avec vue sur la mer Méditerranée. De 7h30 à 1 heure, ici, tout est fait pour faire ventre. Avec verve.
Béatrice Gayrard et Angélique Rivière, les archis auteures aussi du revival du Bibent, ont soigné le décor pour inviter Epicure en permanence.

Béatrice Gayrard et Angélique Rivière, les archis auteures aussi du revival du Bibent, ont soigné le décor pour inviter Epicure en permanence.

De bons et goûteux services. De 7h30 du mat’, avec le pt’it noir qui fume et parfume cet espace où Epicure a siège d’office, au soir tardif lové où le ragout de lentilles d’un vert pétaradant à l’estragon et au lard paysan fait des claquettes sur le dos d’un cabillaud rôti, le Parisien, 29 bis boulevard de Strasbourg, sert sans filet toute la journée, et avec tablier « s’il vous plaît ». Pour une déclaration d’amour à la cuisine de bistrot.
Marie Fel, Cantal doux d’origine, est depuis 2011 la maman de ce gîte élégant et distingué, soigné de près par les archis Béatrice Gayrard et Angélique Rivière, auteures du revival du « Bibent version Christian Constant ». En s’adjugeant le savoir-mijoter de Michel Laffitte, formé par le chef étoile étoilé Michel Del Burgo du Bristol, ce restaurant belles cartes sur table a acquis dès la deuxième année le label de Maître Restaurateur.

ICI TOUT EST FAIT POUR FAIRE VENTRE A TOUTE HEURE DE LA JOURNEE
Avec comme mot d’ordre pacifié les classiques français revisités avec vue sur la mer Méditerranée. Une bistronomie en guise de bienvenue et de mets à mettre en bouche sans sourciller. Et la totale qui plus est. Car, ici, tout est fait pour faire ventre. Sans flemme, le pain aux céréales est pétri et chéri. La focaccia aux olives est sacralisée comme une santa madonna. Il faut avouer que chaque fois la cuisine est faite avec foi. Et avec les lois des portions généreuses. Ici, on conjugue les verbes qui ont du verve: on embaume le poisson et le magret de canard dans le fumoir; on cajole le mesclun du jour avec les pousses fraîches; on déglace les infusions légères pour les faire fusionner avec viandes ou poissons. On ne se repose pas pour autant sur ses acquis, même si on conserve l’escadrille en troupeau guide, l’agneau du Quercy, la viande de l’Aubrac et les légumes français, au Parisien, on introduit les variétés du moment pour un exercice bimensuel de variation symphonique de la carte. Pour une mélodie en sur-sol, une élévation gustative. On revient bouche en coeur vers le foie gras de canard du Sud-Ouest mi-cuit Chutney de coings aux figues avec toast de sarrasin. On s’exclame en repus joyeux après l’intégration en ligne droite vers le gosier du filet de bœuf rôti aux poivres rares, avec frites fraîches et mesclun.
S’il faut y revenir, on peut jouer la montre, et se poster, nez frétillant, vers 17 heures au tea time, car le chef Michel Laffitte a sauté à mains savantes du salé au sucré.
Au Capitole, le Parisien de Marie Fel a une place capitale. Et on y croise, au petit matin câlin les banlieusards qui sortent de la gare. A midi joli, les business men desserrant leur noeud de cravate pour que nourriture puisse sans embûche se glisser. L’après-midi, les penseurs voulant avec une gâterie panser une partie de leur panse. Et le soir, le Toulouse coquin voulant relâcher la pression pour se pourlécher les babines avec cette cuisine divine. Et en plus, on peut y croiser Marine, le must…

Le Parisien, 29 bis boulevard de Strasbourg, 31000 Toulouse. Ouvert du lundi au samedi de 7h30 à 1h. Tel: 05 61 21 54 12. www.restaurantleparisien.com

Laurent Conreur


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