Culture

Université Populaire du Grand Toulouse: papy et tatie vont à l’école

Transmettre des savoirs théoriques et pratiques aux adultes qui n’ont pas pu bénéficier de l’instruction publique, telle est la mission de l’Université Populaire du Grand Toulouse inaugurée jeudi. Mais avec des versions modernisées par rapport à son origine en France vraiment mise en place avec l’Affaire Dreyffus.

Dans le « Trou normand », Bourvil, alias Hyppolite Lemoine le benêt et le naif, était revenu sur le banc de l’école pour passer le certificat d’études pour toucher son héritage.

Donner aux adultes une instruction appropriée à leurs besoins, transmettre des savoirs théoriques et pratiques, à ceux qui n’ont pas pu bénéficier de l’instruction publique. Telle est la mission originelle de l’université populaire, un concept dont la paternité dans les années 1800 revient au Danois Nikolai Grundtvig. En France, les premières classes pour adultes des milieux populaires sont les associations philotechniques. La première fut fondée en 1848 par le mathématicien Eugène Lionnet. Parmi ses présidents, on compte le prince Jérôme-Napoléon et Victor-Hugo, deux références.
La nomination officielle d’Université Populaire s’écrira dans l’hexagone à l’époque de l’Affaire Dreyffus. Face à la montée violente des idées antisémites et le flux de passion déchaînée, les universités populaires, ces universités se fixaient principalement pour mission éducative d’apporter des réponses humanistes à cette haine nauséabonde des personnes de confession juive. A cette époque, les lois scolaires érigées par Jules Ferry assurent un enseignement gratuit, mais les adultes ne sont pas concernés.
Aujourd’hui, l’Université Populaire a été remise à la page, et les versions contemporaines se nourrissent certes d’objectifs similaires bien que modernisées. Le philosophe Michel Onfray, au coeur de l’actualité pour ses analyses brûlantes sur le Front national et les postures de l’intelligentsia française, en a apporté la preuve en créant en 2002 l’Université Populaire de Caen. A Toulouse, ce courant désirant démocratiser la culture et dispenser un savoir a trouvé son sillon en avril dernier, ce jeudi 24 septembre, l’Université Populaire du Grand Toulouse. Papi, mamie, tonton ou tata vont pouvoir revenir cirer les bancs de l’école pour s’instruire.

PAS COMME  BOURVIL DANS HYPPOLYTE LEMOINE
Evidemment, ces adultes ne vont pas revivre une version revisitée du « Trou normand ». Un film dans lequel Hyppolyte Lemoine, joué par Bourvil, benêt de trente ans, naif à l’esprit enfantin, s’il veut hériter de la fortune et de l’auberge de son oncle, doit ouvrir les cahiers et les livres pour obtenir le certificat d’études dans le delai d’une année.
A l’Université Populaire du Grand Toulouse, ce sont pas des Hyppolyte Lemoine qui vont suivre des cours, mais des adultes animés par le désir de savoir. Où les échanges et le travail collectif catalysent les motivations. Dans une véritable dynamique collective pour mettre une action collective de solidarité. Pour une ouverture d’esprit dans des domaines ouverts avec des intervenants de qualité, enthousiastes et soucieux de transmettre. Avec des cycles de cours dès octobre qui aborderont autant la philosophie, que l’histoire, la géologie, l’opéra, l’anthropologie, l’espace, que la psycho-socio. A ces modules d’enseignement pourront aussi s’additionner des conférences sur l’écologie, le nucléaire, la laïcité…
Le pédagogue brésilien, Paulo Freire, illustre la posture de l’Université Populaire du Grand Toulouse, avec ce postulat: « Personne n’éduque personne, personne ne s’éduque seul. Les hommes s’éduquent ensemble par l’intermédiaire du monde ».
A vos crayons et vos ordis, chère mamie ou cher tonton.

Université populaire du Grand Toulouse, 72 les Mûriers, 41 rue Paul Gauguin, 31100 Toulouse
Contacts: 06 07 88 42 22

Laurent Conreur


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