Si dimanche prochain, la Garonne va connaître des remous avec le derby des footeux entre les Girondins de Bordeaux et le TFC, un autre match se déroulera demain au Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse entre les deux cités Garonne sur le thème capital dans le cadre de l’avenir métropolitain et du rayonnement des capitales: l’urbanisme. Sur le thème « Patrimoine Urbain, Développement et Attractivité », les deux villes vont dévoiler leurs propriétés et leurs priorités en présence du Club Immobilier de Toulouse. Madame Larue-Charlus, directrice de l’Aménagement, portera la chasuble bordelaise. Alors que Madame Annette Laigneau, adjointe chargée de la coordination des politiques d’urbanisme et d’aménagement, défendra les couleurs toulousaines. Cette dernière avouait, sans tricher, que le face à face partait avec handicaps pour Toulouse: « Bordeaux, c’est l’expérience réussie en matière de valorisation du patrimoine urbain, de label UNESCO et marketing territorial. Toulouse est aux prémices de ces métamorphoses, mais c’est un défi que Jean-Luc Moudenc veut relever, et ce dans la lignée de la candidature de Toulouse au Patrimoine de l’UNESCO. »
Car, en effet, Bordeaux a un TGV d’avance sur Toulouse, qui n’a toujours pas la LGV. Mais Toulouse affûte ses armes avec un projet d’ensemble sur 10 ans, avec comme ciment de ses fondations « Développer la Ville, oui. Mais pour les Toulousaines et les Toulousaines, avec les Toulousaines et les Toulousains. »
DE LA CAPITALE DES VINS A LA CAPITALE DE LA MODERNITE
Alors, oui, Bordeaux peut déboucher un nectar: sa mue urbaine est d’une implacable visibilité et continue à ouvrir son champ de vision. Autour d’Alain Juppé, Bordeaux a entamé une décennie d’évolution urbaine avec le lancement du tram. Comme si le centre se rapprochait de la périphérie. La Métropole bordelaise a opéré une révolution tranquille pour métamorphoser la capitale du vin en capitale de la modernité. Un avant-après juste remarquable, pour une ville, passée de l’économie pastorale à l’ère technologique, qui dispose d’une vitalité économique très enviable. Le Bordeaux des temps modernes, c’est Bacalan au nord avec l’aménagement des bassins à flot, le pont ferroviaire au sud pour ouvrir la porte du centre d’affaires, le quartier Euratlantique et ses 738 hectares autour de la gare Saint-Jean. Mais aussi le nouveau Stade. Bordeaux, une belle endormie qui s’est vraiment réveillée. Avec comme chantiers phares qui vont donner encore plus d’éclats, en 2016 la cité des Vins, et en 2017 la Tour In Nova.
De quoi faire saliver Toulouse, ce joli joyau qui s’ignore, et qui ne demande qu’à être poli. Accélérer la rénovation du patrimoine est un des leitmotivs de l’équipe Moudenc. La preuve avec Les Jacobins qui pénètrent le XXI e siècle par une porte redorée. Et demain avec comme maître d’oeuvre, l’architecte catalan, Joan Busquets reconduit par le maire de Toulouse, l’ambition d’un Toulouse en grand dans un équilibre d’ensemble. La Garonne avec le projet Grand Parc Garonne, pour redonner la priorité aux abords du fleuve, et le Canal du Midi s’inscrivent comme des projets urbains emblématiques et prioritaires. Sans occulter bien sûr dans ce panorama majeur le projet urbain Toulouse Euro Sud Ouest autour de la gare Matabiau, et l’embellissement de l’hyper-centre.
Comme quoi si Toulouse a un temps de retard sur Bordeaux, avec Jean-Luc Moudenc, la Ville rose est prête à accélérer la cadence.
Laurent Conreur
META AREA /META AREA
