
Sur l’accueil des migrants, Jean-Luc Moudenc oscille entre ouverture et fermeté: « À partir du moment où on décide d’accueillir, parce que je pense que chaque maire doit être libre, il faut dire comment, où, sous quelle forme, avec quels moyens… »
Aujourd’hui à la Maison de la Chimie à Paris, plus de 600 maires de France, et peut-être plus, répondent à l’appel à la solidarité lancé par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve pour trouver des solutions à la crise migratoire. Avec dans le panorama, une analyse comportementale qui divergererait: d’un côté des édiles de gauche à l’humanisme et à la générosité tatouées, et de l’autre des élus de droite secs et raides comme de la toile émeri. Quoi qu’il en soit, la France a décidé d’absorber 24.000 migrants. Un chiffre qui reste à figer, car pourquoi pas 100.000 ou 300.000 réfugiés, voir plus, qui pourraient passer la Méditerranné d’ici deux ou trois ans. Sans tomber dans le lyrisme des bons sentiments de nos sempiternels droits de l’hommisme, il faut toutefois poser cette question de la protection des migrants dans un contexte national d’une triste évidence. La France compte 5 millions de chômeurs au moins, des salariés qui vivent dans leur voiture, et des SDF qui dorment partout dans les rues de France. Que répond-on à cette population quand on leur annonce que « L’Etat attend surtout des bâtiments pour créer des lieux d’hébergement de demandeurs d’asiles, pendant l’instruction de leur demande, ainsi que des logements pérennes, venant du parc social et du foncier disponible, pour ceux ayant acquis le statut de réfugié après instruction du dossier ». Comment vont réagir les gens en souffrance quand ils entendent Bernard Cazeneuve marteler? « La politique de l’asile, et plus largement de l’immigration, relève des compétences régaliennes de l’État qui doit en assumer la responsabilité financière » Et comment digérer, alors que nombreux n’ont pas le sou pour boucler les fins de mois, les propos de Michel Sapin, ministre des Finances? « Plusieurs millions d’euros seront engagés ». In fine, à qui profite cette crise migratoire qui touche les consciences évidemment? Toujours à la même. Celle qui avec le FN va largement virer en tête aux prochaines élections régionales?
« QUE L’ETAT PRENNE EN COMPTE LA GRANDE DIVERSITE DES SITUATIONS LOCALES »
Dans tout ce pataques, il est bon de retenir la posture assumée par Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, et Président des maires des grandes villes de France, lors de la réunion de crise de ces derniers. « Nous sommes prêts à prendre notre juste part dans l’effort d’accueil à un certain nombres de conditions. » Entre ouverture et fermeté, Jean-Luc Moudenc ajoutait, « Il faut que l’Etat prenne en compte la très grande diversité des situations locales et que l’Etat respecte le volontariat des maires. » Concernant la venue des migrants à Toulouse, le maire a posé un postulat fondamental: « A Toulouse, nous vivons de grandes difficultés dans le logement social. 25.000 demandes sont attentes ». Et de rajouter avec pragmatisme et réalisme: « À partir du moment où on décide d’accueillir, parce que je pense que chaque maire doit être libre, il faut dire comment, où, sous quelle forme, avec quels moyens… ». Cela a le mérite d’être clair.
Laurent Conreur
META AREA /META AREA