Culture

Avec Jean-François Delort, d’art d’art au château de Saint-Martory

Jean-François Delort (à gauche) et son artiste résident, Michel Battle, vont avec l impressionnante 'exposition Art500, au coeur de l'âme humaine,  donner une dimension onirique au château de Saint-Martory, en hommage à son père qui n'a pas pu vivre la dimension de ce domaine haut-garonnais précurseur des châteaux de la Loire.

Jean-François Delort (à gauche) et son artiste résident, Michel Battle, vont avec l impressionnante ‘exposition Art500, au coeur de l’âme humaine, donner une dimension onirique au château de Saint-Martory, en hommage à son père qui n’a pas pu vivre la dimension de ce domaine haut-garonnais précurseur des châteaux de la Loire.

Un héritage et une postérité. Un hommage et un pélerinage. Une histoire et il était « une foi ». Une foi ancrée en lui de faire pour lui d’abord, puis une dévotion en lui en pensant à lui. Au nom du Père, ainsi soit Jean-François Delort, baroudeur professionnel, banquier d’affaire aux Etats-Unis et découvreur de terrains au Brésil, et art addict nourri par ses pérégrinations. Explications des textes conjugués au passé et recomposés au présent de l’admiratif. Le paternel de Jean-François Delort vit de rêves châtelains, pas de fantasmes de château en Espagne. Et ses songes de nuit d’aimer le font tombé raide dingue du château de Saint-Martory en Haute-Garonne. « Cette année, ce sont les 500 ans d’existence du château. Sa construction a débuté en 1515, à l’époque de la bataille de Marignan. A ce moment-là, François 1er n’avait pas ramené Léonard de Vinci en France. Ce château était en avance sur son temps, il a été précurseur car il rassemble tous les codes des châteaux de la Loire, alors que ceux-ci n’existaient pas. Papa a toujours rêvé de ce château. Il a pu l’acheter mais il y avait une somme phénoménale de travaux à réaliser. Et quand ils ont été finis, papa est décédé. Il n’a pas pu vivre ce château avec la passion qui l’animait » résumait Jean-François Delort, avec la flamme dans la voix qui a le désir de rallumer le feu que son père, ariégeois coeur fidèle, se refusait de voir éteindre. « J’ai respecté ses volontés. Il a toujours voulu donner toute sa dimension à ce domaine. Alors, au début, tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour lui. L’entretien de Saint-Martory coûte cher. J’en ai fait une résidence de vacances, un lieu de mariages ou de séminaires. Des stars du rock viennent ici dans l’intimité pour vivre l’identité du lieu, mais aussi des capitaines d’industrie. On a accueilli des mariages d’étrangers, des familles de Singapour, de Sydney, ou de Melbourne. Cela me plaît car cela correspond au brassage culturel dont je me suis toujours nourri. A moi maintenant de faire plus connaître le château à Toulouse. »

MICHEL BATTLE, ARTISTE RESIDENT, PEINTRE ENRAGE AU COEUR DE L’AME HUMAINE

Pour lui donner encore plus de crédibilité et de visibilité, Jean-François Delort a décidé d’ouvrir les portes du château d’art d’art. En y invitant un artiste résidant, Michel Battle, peintre et sculpteur qui comprend et absorbe la charge historique du site. Un artiste qui s’y emprisonne avec délicatesse, subtilité et délice. Michel Battle, toulousain avec tout ce que cela représente de rébellion, est plus qu’un peintre engagé, un peintre enragé qui sublime l’humain ou le décortique pour en extraire la moelle insoupçonnée ou dissimulée. « Je suis baigné depuis longtemps dans le monde l’art. J’ai vécu le passage de l’art moderne à l’art contemporain, surtout quand celui-ci a décollé avec le média photo. Je suis fan de Nan Goldin, Cindy Sherman, notamment dans son passage du noir et blanc à la couleur. J’adore aussi Damien Hirst. Vous savez, je n’achète que des jeunes artistes. Des jeunes artistes que je rêve de faire venir un jour au château » détaille Jean-François Delort, avant de vernir le triptyque lui, Michel Battle et le château. « Michel est un ami de la famille de très longue date. Il m’a toujours interrogé, ému, émerveillé. Michel, il reprend à l’infini les corps humains et les visages, comme une quête qui n’a jamais de fin. L’âme humaine, c’est sa Madeleine de Proust. Il délivre à travers ses travaux des messages sociologiques et anthropologiques. Ce que j’aime, c’est qu’il est effacé des couleurs de peau. Il est comme moi un baroudeur. Et avec cette exposition dans divers lieux du château, il va inviter le public à un voyage dans l’histoire contemporaine des hommes, et de toutes les traces de notre passage terrestre. » Une ballade onirique balisée par l’irréductible réalité qui fait l’homme et sa grandeur, par le miroir des âmes et de nos vies antérieures qui nous ont permis de faire un pas en avant, ou celles actuelles qui déshumanisent le dernier éclair d’humanité. Au château de Saint-Martory, avec l’expo Art500, on peut, d’art d’art, s’éloigner de cette triste et pauvre culture industrielle, homogène et futile.

Vernissage le 18 septembre à 18 heures. Ouverture les 19 et 20 septembre lors des Journées du Patrimoine, les 26 et 27 septembre et les 3 et 4 octobre de 11 heures à 18 heures.

Château de Saint-Martory, 1 place de la Poste, 31360 Saint-Martory. www.art500.fr

Laurent Conreur


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