Arthur Bonneval, fils d’Erik, centre d’intérêt avec Denis Charvet d’un Stade Toulousain éblouissant des années 80-90, est en passe de se faire un prénom; Comme son demi-frère Hugo avec le Stade Français. Arthur Bonneval, fils de, mais héritier libéré. La preuve samedi contre Brive.
Fils de. L’héritage, cela peut être un fardeau. Parfois. Surtout quand son paternel, Erik Bonneval, a écrit certaines des pages les plus historiques, les plus mythiques du Stade Toulousain, et notamment avec son compère d’attaque d’alors, Denis Charvet, le prince de l’offensive « rouge et noire ». Ils furent, les deux centres d’intérêt d’une finale de légende contre Toulon en 1985, et ce 36-22 après prolongations dans un Parc des Princes ébloui. Arthur Bonneval, 20 ans, va-t-il reprendre le ballon du prestige de son père au rebond? Comme son demi-frère Hugo, arrière virevoltant du Stade Français, de retour sur les terrains hier contre Pau après six mois d’infirmerie et de remise en forme, qui s’est déjà fait un prénom l’an dernier dans la sphère ovale. Hugo, tout comme Arthur, sont des héritiers libérés.
Contre Brive samedi, l’ailier toulousain a marqué, sans hausser les épaules, de sa jeune empreinte la rencontre en scorant après un mouvement très école toulousaine. Symbolisant ainsi la volonté d’Ugo Mola, le nouvel entraîneur général, lui aussi en héritage d’un certain Guy Novès, d’intégrer des jeunes de la formation toulousaine en équipe première. « Il y a pas mal de jeunes et d’est le moment de les faire jouer ». Et Mola de préciser avec une analyse d’intelligence qui illustre bien son personnage: « Mais vous savez, je ne crois pas aux jeunes. Je crois aux bons joueurs. Je ne vais pas faire de jeunisme. S’ils jouent en équipe première, c’est qu’ils le méritent. » En suivant à la lettre les propos de coach mâtiné de sagesse et de vérité, Arthur Bonneval a mérité sa place, sans le moindre privilège du nom. « Arthur a été bon, mais Vincent Clerc, qui est loin d’être un débutant, à l’autre aile, a été bon aussi. » Il est vrai que la production offensive du binôme d’ailiers a été efficace, jouant sans en abuser de la relance, mais aussi en se concentrant sur l’ouvrage défensif. « C’est le gros point positif. Nous avons énormément travaillé sur la défense, les joueurs ont été réceptifs » expliquait Ugo Mola, après le match samedi.
« NE PAS NOUS PRENDRE LA TÊTE ET FAIRE PREUVE D’INITIATIVE »
Dans la stratégie Mola, McAlister à l’ouverture et Flood, premier centre, – une formule qui peut d’ailleurs changer en fonction de l’opposition, comme en atteste le nouveau boss du terrain rouge et noir- , Arthur Bonneval s’est totalement intégré. Alors, oui, c’est un premier pas, qui peut appeler d’autres foulées, surtout en l’absence de Yoan Huget, appelé sous les cieux bleus du Mondial. Sans mettre un pied avant l’autre. En étant en permanence dans l’initiative. « Les entraîneurs nous disent de ne pas nous prendre la tête et de faire preuve d’initiative. En tant que jeunes, nous allons essayer d’amener un brin de folie. Nous avons eu du temps de jeu sur les matchs amicaux et nous avons essayé d’en profiter, de montrer qu’on a le niveau » détaillait Arthur Bonneval, avant d’avoir reçu la garantie d’être dans le XV de départ contre les Brivistes.
Une première garantie qu’Artur Bonneval, stadiste depuis ses six printemps, aimerait bien poursuivre en contrat à durée indéterminée, ou déterminée mais très fréquente. « C’est la saison la plus importante pour moi. J’ai dépassé la limite d’âge pour jouer avec l’équipe de France des moins de 20 ans. Si je veux faire des matchs de haut niveau c’est en Top 14. »
Et si Arthur Bonneval devenait le nouveau Clément Poitrenaud, l’homme en service depuis le plus longtemps irrigué par le sang Stade Toulousain. » Je me sens bien au Stade, j’ai envie de réussir ici, il faut que je m’en donne les moyens. Je reste jusqu’en 2018 et j’espère le plus longtemps possible après. » Comme son paternel qui a porté le maillot toulousain de 1982 à 1992, et, après Colomiers et le Racing Club de France, en 1996-1997 pour son dernier récital d’ovalie. Un Bonneval au Stade Toulousain, c’est une union qui fait une force.
Laurent Conreur
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