Sports & Loisirs

L’énigmatique énigme Saint-André

Samedi contre l’Angleterre, les ailes de la France étaient cabossées. Sauf que les tôleries de Dulin, ici le nez dans le gazon, et Fickou ne correspondent pas à la carrosserie. La polyvalence est un atout…quand cela ne devient pas un fardeau.

Les ailes de l’équipe de France sont cabossées. Problème, la tôlerie ne correspond pas à la carrosserie. Dulin est un pur arrière et Fickou un centre de métier. Alors que Watson et May, ailiers du XV de la Rose, et scoreurs samedi, le sont…sauf dans leur club où ils évoluent à l’arrière…Mais pas en équipe d’Angleterre où Farrel les a cantonnés à l’aile. Une énigme qui tourne au casse-tête. Certes au nom de la sainte patrie, il est capital de compter en son sein des joueurs polyvalents…quand ils le sont. Quand on voit Brice Dulin, figé, le nez dans le gazon après un cadrage-débordement d’école, il est impitoyable de se demander si Philippe Saint-André n’a pas envoyé au casse-pipe l’arrière du Racing. En défense d’y voir, certains anciens joueurs rétrorqueront que prendre un cad-déb arrive à tout le monde. En effet, mais dans le cas du « pôvre » Dulin, la fatalité était écrite d’avance.
Quand on voit le fringant Fickou se substituer à cette aile brûlée, lors de la sortie temporaire de Dulin ouvert à l’arcade, et dans la foulée se trouer face au même Watson, et coûter cinq points de plus à la France, force est de se questionner sur la stratégie du stratège Saint-André. Quand on a des joueurs sans repère à des postes novices pour eux, surtout à ce niveau, et qui plus est des joueurs jeunes, il est malheureusement d’une évidente évidence que la mécanique va foirer. Que la chaîne de la solidarité défensive va se gripper. Une telle polyvalence cadeau pour une équipe ne court pas les stades. Alors, oui, il y a ce bon vieil Aurélien Rougerie, qui est suceptible de doubler ce poste, mais ni Dulin, ni Fickou. Et malheureusement à quelques jours de l’annonce des 31 appelés (NDLR: Dimanche après le match retour samedi contre les Anglais au Stade de France) pour la Coupe du Monde en Angleterre du 18 septembre au 31 octobre, n’est-il pas trop tard pour Saint-André pour réviser sa copie?

ET MEDARD DANS TOUT CELA?
Christophe Dominici, arrière-ailier ou ailier-arrière, se fait l’avocat de la défense du sélectionneur: « Personnellement, je crois beaucoup à la polyvalence. Il y a tellement de situations différentes à gérer sur un terrain de rugby. Un joueur doit être capable de réaliser énormément de choses différentes. » Quand le joueur est capable de le faire…
A ce poste délicat, il en est un qui pouvait assumer, qui ne découvrirait pas ce rôle double, mais Philippe Saint-André a fait une croix rouge et noire dessus, à savoir le Toulousain Maxime Médard. Qu’il a jugé irrégulier dans son état de forme…
Alors, l’énigmatique Saint-André va certainement poursuivre son bricolage mikado, en repoussant pourquoi pas Fofana à une aile, pourtant apparemment inamovible en second centre.
Et les centres? Là encore, on peut se poser des question sur les choix de Saint-André, en plaçant deux premiers centres contre l’Angleterre, Lamerat et Dumoulin. Le Parisien a raté son match par un manque de repères qui s’est traduit par une fatale timidité.
Comme quoi, l’énigmatique Saint-André est en lui-même une énigme. Mais, a-t-il les moyens avec le potentiel du rugby français aujourd’hui de résoudre toutes ces énigmes?

Laurent Conreur


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