Si le Lieutenant-Colonel Jean-Jacques est en charge du bon déroulement de l’Opération Sentinelle du Plan Vigipirate, avec un contingent qui s’est renforcé depuis le mois de janvier, c’est le capitaine Hadrien, qui depuis Balma, (à gauche), orchestre les opérations dans la vingtaine de sites classés sensibles. La présence de ces militaires rassure la population toulousaine, et c’est le voeu du lien armée-nation.
Les Toulousains les voient d’un très bon oeil, comme un supplément d’âme et d’assurance aux risques à leur tranquillité. Les militaires qui patrouillent en ville accompagnés de force de l’ordre ou ceux qui assurent la sécurité des sites sensibles font l’unanimité. « C’est vrai que je me sens plus en sécurité quand je les aperçois au centre-ville. Je sais que les militaires sont là dans le cadre d’une opération spéciale après les attentats de janvier, j’aimerais qu’ils soient là tout le temps, cela me rassure. Car cela dissuade ceux qui ont derrière la tête d’agresser les personnes notamment. Quand ils sont là, on sent moins d’incivilités gratuites » insiste, très satisfaite de ce déploiement de tous les corps d’armée, Christel, une commerçante toulousaine. Une ampathie partagée, puisque la population toulousaine les soutient corps et esprit, et même leur offre des présents pour les remercier de leur action et de leur dévouement. La preuve, dès le début de l’opération, tôt le matin dans la froidure de l’hiver, l’association du Patrimoine et de l’Ame Toulousaine, et son président Robert Vicente, ont convaincu un boulanger toulousain de leur offrir croissants, pains au chocolat et cafés. Depuis cette action solidaire, d’autres ont rejoint cette démarche. « En effet, nous avons reçu pour eux des places de cinéma. Laurence Arribagé, l’adjoint aux sports à la mairie de Toulouse, va nous donner pour les militaires des places pour les matchs du TFC. Nous espérons aussi avoir des places pour le rugby, ou le handball. Ils le méritent bien, car il faut savoir qu’ils ont qu’une journée quartier libre dans la semaine, et que pour la plupart, ils habitent loin de Toulouse » se félicite Robert Vicente.
« LA POPULATION NOUS A RENDU DES SERVICES QUAND NOUS ETIONS DANS DES CONDITIONS RUDIMENTAIRES »
Dans ce courant de satisfactions et de communions, le capitaine Hadrien, qui pilote avec un contingent de 90 militaires depuis le poste central de Balma les opérations de surveillance des sites sensibles, lieux de confessions juives et églises, s’inscrit avec détermination: « Quand nous sommes arrivés en février, sachez que des personnes de confessions juives très marquées par les attentats de mars 2012 à Toulouse, très heureux de nous voir protéger les sites, nous ont rendu de grands services en nous proposant tout simplement de laver notre linge. Nous sommes loin de chez nous, mais nous nous sentons bien à Toulouse. Je suis d’ailleurs très satisfait que le maire de Toulouse est offert la gratuité aux piscines, aux monuments et aux musées à nos soldats pour qu’ils puissent s’évader et se détendre un peu durant cette mission. »
DE 14 MILITAIRES EN JANVIER A 120 AUJOURD’HUI
Toulouse, ville militaire par excellence, bénéficie depuis le mois de janvier et les attentats islamo-nazis, du plus fort renforcement militaire de toute la zone Sud-Ouest, pour cette opération Sentinelle, nom de code donnée par l’armée au plan Vigipirate renforcé. Avec dernièrement l’arrivée d’une trentaine de bérets verts de la Légion Etrangère, pour la grande majorité étrangers, de confessions différentes, mais fidèles à la tradition de cette Institution d’élite, « servir la France avec honneur et fidélité. » Le Général Charles De Gaulle disait d’eux en 1945: « Ainsi, partout au premier rang des combats, admiré de tous, recevant et assénant les coups les plus rudes, triomphant des résistances les plus acharnées au prix de sévères sacrifices, s’est montré digne des immortelles traditions de la Légion Etrangère. »
Bérets verts, berets rouges (les parachutistes), mais aussi armée de terre et armée de l’air, et forces de police nationale, mais aussi officiers et sous-officiers de réserve du département, tous unis dans ce postulat fondamental, le lien armée-nation. Des hommes et des femmes en mission ici à Toulouse avec la même posture que lors d’expéditions extérieures. Des soldats dévoués et déterminés pour nous protéger dont les actions sont placées sous le commandement du Lieutenant-Colonel Jean-Jacques, délégué militaire départemental adjoint. « Leur objectif est double: être visible pour dissuader et rassurer la population, en assurant une présence renforcée à la gare Matabiau, à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, dans le métro et au centre-ville, mais aussi dans plus d’une vingtaine de sites identifiés comme sensibles. Les militaires observent et rapportent tout comportement suspect. Ils sont en liaison radio constante avec les forces de l’ordre et peuvent solliciter une intervention policière. »
Certes Toulouse est moins pénible que 50° au Mali ou -20° en Afghanistan, mais les soldats sont sur le même qui-vive, avec la même obéissance. « Nous avons une forte cohésion qui nous permet de garder le sourire. Et puis, nous sommes apaisés par l’excellent accueil des Toulousains » explique le capitaine Hadrien.
Pour que ces militaires boucliers de notre sécurité poursuivent leurs missions avec la même abnégation, peut-être jusqu’en fin 2016 et peut-être plus, la solidarité toulousaine est toujours la bienvenue pour solidifier ce chaînon armée-nation.
Laurent Conreur
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