Il est de tradition que le rugby et la fourchette partagent le même terrain, notamment dans les rucks où les bons vieux « pillars » ou secondes « lattes » usent de ce geste de vice avec peu de vertus. Parenthèse terrain fermée, force est de constater, deltoÏdes de rugbymen bien déployés, que les retraités d’ovalie passent souvent à table après leur carrière sportive, les Trevor Brennan, William Servat, Jean-Marie Cadieu, Cissou Vancheri, Jean-Charles Carrère, entre autres anciens forçats des joutes ovales. Aujourd’hui, au sein de ce pack gastronomie et troisième mi-temps « c’est la fête », figure en meneur d’un nouveau jeu, un élement charismatique bien connu d’Ernest-Wallon, un certain Byron Kelleher.
Le demi-de-mêlée All Black, turbulent et nerfs à vif pour certains et notamment ses adversaires autour des points chauds, s’est, depuis ses crampons rangés en 2012, habillé d’une tenue de business man. La preuve: ambassadeur international d’Airbus, consultant rugby pour la chaîne Sky Sports. Le Byron nouveau cru a également catalysé son image d’homme d’affaires l’an dernier en prenant 33% des parts de l’Evangelina, en s’alignant solidaire avec la charnière des lieux, Philippe Boisson et Christophe Doumenge.
LA CULTURE MAORIE ET L’ESPRIT DES PUBS NEO-ZELANDAIS
Dans le même élan, Byron Kelleher accèlère la cadence, en pointant un nouvel essai avec le Haka Corner, du nom du bien nommé et souvent saissisant chant maori avant que les Blacks n’assiègent en guerriers transcendés le camp adverse. Avec ses deux associés, le brun ténébreux va le transformer fin août, puis l’inaugurer en septembre avec l’événement épicé de la Coupe du Monde en Angleterre. Dans ce lieu en continuité de l’Evangelina sur les boulevards, Kelleher a à coeur d’importer l’âme all black, en instaurant la culture maorie et l’esprit des pubs néo-zélandais, avec quelques ajustements britanniques, comme les maillots signés Jonny Wilkinson ou Brian O’Driscoll. Black spirit, Byron Kelleher y ajoutera des valeurs ajoutées stars néo-zélandaises, avec des pièces symbôles de Richie Mc Caw, de Daniel Carter et d’autres amis du toulousain de Nouvelle-Zélande.
Si ce premier match économique voit Kelleher lever les bras aux cieux de la réussite, l’accélérateur de particule ovale envisage de relever le défi sur d’autres terrains. Il parle déjà de business plan sur Paris, Toulon ou Bordeaux, où le Haka impose le respect, et où Kelleher espère que le Haka Corner soit l’incontournable vestiaire festif et gastronomique.
Laurent Conreur
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