
Stéphane Deligny, un parcours qui épouse toutes les causes du romanesque: architecte, peintre et vigneron.

Stéphane Deligny peintre, c’est déjà Stéphane Deligny vigneron: « Le paysage comme un autre qui vous fait face, comme un corps qui vous habite et se rappelle à vous quand vous en avez besoin »
Voici un parcours qui épouse toutes les causes du romanesque. Voilà un homme qui fait corps avec son âme. Le charisme épais, il aime, lui le rugbyman troisième ligne plaqueur époque white destroyer de l’école d’arcitecture de Toulouse, la compétition dans ce qu’elle a de plus noble et respectable. Le challenge du « je fais pour » élève est son credo, aux antipodes de la soumission du « je m’engage contre » abaisse et congèle la création. Pour apparaître sur la scène publique, une allure tout de suite mémorisable avec des emblèmes tangibles D’abord le crâne ras, pas de ceux dont les calvities sont passées au codage de la standardisation. Un crâne nickel propre infuseur d’idées et de défis. A l’hygiène bien loin de l’hygiénisme, car il aime combiner l’équation Bacchus=Epicure=Dyonisos=Plaisir. Stéphane Deligny est en plus doué d’ubiquité. Architecte avec un corps de bâtiment R+1, mais on fermera aujourd’hui la fenêtre sur son métier, le premier. Peintre, Chéri-Bibi des paysages, on va y revenir. Vigneron, son sang dans ses vignes des Hauts de Bonaguil, au carrefour du Lot, du Lot-et-Garonne et de la Dordogne, et son vin nature, on va s’y attacher comme un cep à sa terre originelle et maternelle.
« LA PLACE LAISSEE AU NATUREL »
La vigne et les paysages, un binôme poumon pour Stéphane Deligny car ils lui offrent l’air pur. Ils lui livrent la renaissance et l’envie de faire vivre. Lors d’une exposition, il insistait, « Le paysage comme un autre qui vous fait face, comme un corps qui vous habite et se rappelle à vous quand vous en avez besoin ». Genre Tarass Boulba réapproprié, partout où je passe une herbe repousse, il vitupère: « Il faut arrêter la vulgarité de ces boîtes, de ces lotissements, qui occupent et transforment nos paysages Il faut savoir s’arrêter, respirer, analyser… quand on perd son paysage. »
Stéphane Deligny a, depuis qu’il a repris avec Hélène Bassas, la terre viticole des Ardailloux à Soturac du terroir du Pays aux Bois, perfusé son sang dans ses vignes. Avec douceur et profondeur. Pour un flirt qui n’imagine aucun divorce. »Cultiver la vigne, faire du vin, est né de l’envie d’être au plus près de la terre, des saisons, des éléments, d’être dans la nature. » Même s’il avoue ne pas avoir tous les attributs de l’agriculteur, il en a les théories terre-solidaire qui bardaient le gigot de ses grands-parents viticulteurs. Son sens de l’agit-prop, son amour du respect trouvent dans ses vins nature tout son terroir d’expressions: « Vigneron, c’est une quête d’équilibre et de justesse qui anime chaque geste. Un métier qui apprend à composer avec la nature et qui requiert beaucoup d’humilité, qui favorise un état d’éveil constant.Que ce soit en culture ou vinification, la place est laissée au naturel. Notre démarche générale est de limiter les interventions pour laisser le terroir s’exprimer et se tenir ainsi éloigné de toute esthétique gustative. »
Et son vin plaît avec ses robes de velours, ses taftas d’émotion. Il est posé sur les meilleurs tables de Toulouse ou chez Biquet Plage. Le sang de Stéphane Deligny l’irrigue à flux continu. S’il est un archi connu, son vin mérite vraiment d’être archiconnu.
Les Hauts de Bonaguil-Sud Ouest, lieu-dit Les Ardailloux, 46700 Soturac; 06 47 71 44 23
Laurent Conreur
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