Économie & Entreprises

La Chine s’éveille à Toulouse et réveille les marchés

Li Hai (president de China Aviation Supplies Holding Company) et Fabrice Brégier (president d’Airbus), en presence du premier ministre chinois Li Keqiang, lors de la signature du contrat de 75 A330 pour plus de 16 milliards de dollars. Aujourd'hui, la Chine s'est éveillé et a réveillé des marchés.

Toulouse Chinatown. La visite du Premier ministre chinois Li Kepiang, en présence de Manuel Valls, aura vraiment attiré l’attention aujourd’hui, toutes les attentations et notamment celles des services de sécurité. La ville a éte bloquée, tout comme le périphérique. Avec un déploiement en conséquence: plus de 300 fonctionnaires des forces de l’ordre, plus le déminage,plus la sécurité rapprochée (50 spécialistes du service de protection des hautes personnalités), sans occulter les tireurs d’élite.
Pour que le cortège aille de rendez-vous en rendez sans gêne, il fallut de la fluidité, et donc l’impossibilité pour monsieur ou madame lambda de perturber le trajet du du Premier ministre chinois. De ce fait, la feuille de route des officiels en détails n’a pas été révélée. Par contre, ses visites l’étaient: l’Hôtel de Région entre 12h30 et 13 h30, puis repas à la Préfecture, et visite des usines Airbus de Colomiers et notamment de la chaîne d’assemblage du dernier bijou de l’avionneur européen, l’A350. Une dernière étape d’autant plus capitale que la Chine a passé commande qui pèse de 75 A330, pour le joli pactole de 16,1 milliards de dollars. Avec dans un premier temps 45 appareils fermes et un accord de 30 à venir.

AERONAUTIQUE: LE MOTEUR AVEC UNE COMMANDE PHARE
Mais pourquoi ces noces commerciales sino-toulousaines? Parce que l’aéronautique est le lien indéfectible depuis 2008. En cette année-là, Airbus délocalisait hors Europe, et donc en Chine à Tianjin, avec une chaîne d’assemblage final de l’A320. Pour un fréquence de quatre avions par mois pour l’Asie. Ont suivi une usine sous-traitante d’élements composites à Harbin, une centre d’ingénierie à Pékin, et un pôle d’entrainement et de mise en condition pour les pilotes. On parle dans un proche avenir de l’instauration d’un centre d’aménagement cabine pour les A330 livrés au marché chinois.
Mais Toulouse et la Chine, c’est aussi l’économie: 53 contrats devaient être signés lors de cette visite. Toulouse Midi-Pyrénées et la Chine fusionnent aussi sur le terrain de l’agroalimentaire, avec la première Maison Sud-Ouest France à Wuhan en 2013. Vingt maisons devraient sortir de terre à terme pour booster l’export de produits made in Sud-Ouest en Chine.
Le tourisme est aussi mis au pot des négociations, et notamment depuis l’arrivée d’un opérateur chinois aux manettes de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Surtout que l’on évoque des lignes directes entre Toulouse et le pays de Mao.
Et que dire des échanges universitaires, avec comme moteur l’enseignement supérieur et la performance. Plus de 1000 étudiants chinois posent leur cartable dans la Ville rose. Le but aujourd’hui est de fédérer du partenariat entre l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées et Hong Kong.
La Chine s’éveille à Toulouse, et réveille des marchés…

Laurent Conreur


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