L’émotion. Et pourtant, il s’est souvent rendu salle des Illustres, pour brandir le bouclier de Brennus ou la Coupe d’Europe, en tant que joueur (1975-1988, double champion de France ), qu’entraîneur ou manager (1988-1990 et 1993-2015, 10 titres de champions de France et quatre Coupe d’Europe), sur la balcon du Capitole devant un parvis « rouge et noir » de monde acquis et conquis. Mais ce soir, Monsieur Guy Novès, oui Monsieur, après 40 ans de vie commune avec le Stade Toulousain, devrait être saisi par le frisson quand le Maire de Toulouse en présence d’élus, lui remettra la Médaille de la Ville. En répétant ses propos d’admiration : « Au-delà de ses performances sportives, Guy Novès fait partie de celles et ceux qui ont écrit les plus belles pages de Toulouse. Pour cela, nous l’en remercions au nom de tous les Toulousains. » Et peut-être bientôt au nom de tous les Français, s’il obtient des résultats aussi fantastiques et uniques avec l’équipe de France dont il endossera le rôle de manager général après le Coupe du Monde en Angleterre en septembre et octobre prochains.
« J’ AI RENDU VESTE, PANTALON ET CRAVATE »
Un moment de transe intérieure pour Guy Novès, un coup de chaud au coeur qui tranchera certainement avec le coup de froid de son départ d’Ernest Wallon. « Depuis quelques temps, je ne travaillais plus dans des conditions idylliques mais je n’avais pas pensé partir comme ça. J’ai eu le sentiment que je gênais certains. »
Et de revenir comme un ballon qui rebondit de travers sur les jours amers d’après défaite contre Clermont : « Je suis allé vider mon bureau dimanche quand il n’y avait personne. Lundi, j’ai ramené la voiture, je me suis garé à l’extérieur et mercredi, j’ai rendu mon ordinateur. Je leur ai même rendu ma veste avec le blason du club, la cravate et le pantalon. Puisqu’on me demande de rendre l’ordinateur, j’imagine qu’ils doivent aussi en avoir besoin. »
Il y a des fins qui ne donnent plus faim. En bleu, sans blues, il devrait recouvrer l’appétit.
Laurent Conreur
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