Politique & Société

Dominique Reynié propose de suspendre la fusion des régions

Ce matin à Toulouse, le candidat des Républicains aux futures élections régionales, Dominique Reynié, a rencontré la presse midi-pyrénéennes dans une brasserie du centre-ville. Au cours d’une conférence qui a duré près d’une heure et demie, le politologue investi en avril pour conduire la liste de la droite et du centre a notamment proposé que le processus de fusion politique soit suspendu jusqu’aux élections. « Il n’est pas légitime qu’un pouvoir en fin de mandat s’arroge le droit de configurer l’organisation du futur grand ensemble. Je demande donc la suspension de la fusion jusqu’aux élections. A mon sens elle ne pourra être opérée qu’après l’expression de la souveraineté populaire. Je demande le retour aux affaires courantes » a ainsi déclaré Dominique Reynié. Le candidat vise en fait le processus de rapprochement entre les exécutifs de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon, tous deux aux mains des socialistes.

Glaciales

Dès l’automne, les services de communication respectifs de Martin Malvy et Damien Alary avaient annoncé que les cabinets et les directions générales des deux présidents tiendraient régulièrement séance pour organiser la future architecture des services. « L’avancée du dossier est tellement pitoyable qu’il vaut mieux la suspendre » a ajouté Dominique Reynié. En réalité, il semblerait que ce soit déjà le cas. Des sources proches d’une collectivité territoriale affirment que depuis le mois de mars, les relations entre les deux cabinets ainsi que les directions générales sont des plus glaciales. « Ils ne se parlent plus » confie sous cape un élu toulousain. « C’est pour cela que Damien Alary est aujourd’hui en train d’aller quémander des arbitrages à Paris » ajoute-t-il. Une analyse corroborée par l’initiative prise par le président de Languedoc-Roussillon d’entretenir François Hollande sur cette question lors d’un récent déplacement du président de la République à Carcassonne. Dès le lendemain, comme par hasard, Carole Delga, secrétaire d’Etat au commerce et certainement future candidate PS pour les élections régionales, annonçait que si la préfecture régionale venait à être basée à Toulouse, le conseil régional siègerait lui à Montpellier. Dans le genre langage diplomatique, on a vu mieux…

Causer dru

Pour chacune des collectivités concernées, l’enjeu est évidemment de faire valoir ses intérêts dans la perspective de devenir la future capitale régionale. Si la logique voudrait que Toulouse soit désignée (ne serait-ce que d’un point de vue démographique), les déclarations des uns et des autres ainsi que la culture politique languedocienne largement inspirée de Georges Frêche et de son goût pour l’outrance et le conflit permanent, sont de nature à mettre un peu d’imprévu dans le scénario.
D’ailleurs, et c’est aussi ce qu’il fallait un peu saisir dans les propos de Dominique Reynié ce matin, le candidat semble craindre que les exécutifs socialistes des deux régions (enfin surtout celui de Languedoc-Roussillon), cornaquent en douce un certain nombre de choses. Cela expliquerait en partie que sa demande de suspension de la fusion politique soit pressante. Prochaine étape : la réception à Matignon le 15 juin prochain de Martin Malvy, Damien Alary, Philippe Saurel (maire de Montpellier) et Carole Delga. Ça devrait causer dru dans le bureau de Manuel Valls…

Jérôme Dutoit


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