
C’est l’heure pour Guy Novès de quitter le Stade Toulousain après 40 ans de vie commune. Même si la fumée blanche ne surplombe pas le siège de la FFR, habemus Papam manager du XV de France. Cet après-midi, Ernest-Wallon n’aura « dieu » que pour lui. En espérant qu’il en est autant pour son successeur Ugo Mola, le sage, l’efficace, le taiseux. Un mec plus que bien.
La fumée blanche ne surplombe pas encore le siège de la FFR. Mais Habemus Papam manager. Entre les cloisons de la maison du rugby, le nom fuité du futur manager de l’équipe de France, appelé à prendre ses fonctions après la Coupe du Monde en Angleterre en lieu et place de Philippe Saint-André, se nomme, comme ce n’est plus une surprise, Guy Novès. Une nomination, hors du ballon caché dans une mêlée tres fermée du « fait du prince », que la FFR ne révèlera que demain dimanche, car elle répond à un appel démocratique à candidature. La FFR a avoué avoir reçu 66 CV, pour en sélectionner un grand huit, puis un, toujours en activité cette après-midi avec les demi-finales de barrages contre Oyonnax.
Un pour qui, à Ernest-Wallon, le public n’aura « dieu » que pour lui. Lui, pour sa dernière séance, on n’espère pas sa dernière sentance. On imagine même que les joueurs, remontés comme des pendules, aimeraient arrêter les aiguilles au Stade de France, pour boucler la boucle Novès avec un Brenus. Et taper dans l’oeil du futur sélectionneur pour rester ou rejoindre la Maison bleue dont leur ex-entraîneur et futur sélectionneur aura les clefs.
Mais que va laisser l’homme et son histoire de quarante ans avec le Stade Toulousain à son successeur? A Ugo Mola, le sage et le taiseux, aux antipodes de Guy Novès, le sanguin et le critique. Il n’a jamais hésité à fustiger les doublons championnat-Tournoi des VI Nations, n’a jamais eu le pas à reculons pour monter sur les barricades des revendications. Il laisse, à moins d’un titre cette année, un club hors jeu du marché des transferts par rapport aux grosses écuries du Top 14, Toulon, Clermont, le Racing, et même Montpellier qui a recruté 13 joueurs ou même Castres. Toulon et sa razzia mercato avec Quade Cooper, Ma’Nonu, Pelissié, Lassale, Elzebteh, le futur plus grand deuxième ligne de tous les temps, et Olivon et Rouet demain.
MOLA MERITE LE MEILLEUR
Pas facile l’équation stadiste pour Ugo Mola, dont on espère pourtant le meilleur car cet homme est juste un mec bien, un gars humble, d’une honnêté intellectuelle sans faille, un coach qui sait parler aux oreilles des joueurs pour les métamorphoser en chevaux de course (NDLR: il l’a prouvé avec Albi). On souhaite à Ugo Mola un manager à ses côtés du nom de Fabien Pelous, un nom qui en pose, un homme que l’on respecte. Un tandem Mola-Pelous, avec deux adjoints Servat-Ellisalde, cela a du coffre, du coffre fort, pour que le Stade avec moins de pécules puisse capitaliser (NDLR: l’an prochain, le Stade Toulousain, ex-premier budget du Top 14, sera rétrogradé en 3e position, derrière le banquier N°1 toulonais, et son dauphin clermontois).
Et qu’Ugo Mola contredise vite les propos de l’ex-financier du stade, Claude Hellias: « Je souhaite bien du courage au successeur de Guy Novès. Il aura une drôle de tâche. »
Go Ugo.
Laurent Conreur
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