Ingénieur chimiste, surnommé « Math Sup, Math Spé », Jean-Luc Sassus, ancien joueur du TFC, de Cannes, du PSG, de Lyon et Saint-Etienne, était avant tout un sacré arrière-droit guépard, et surtout un mec bien. Dans la nuit de jeudi à vendredi, la vie l’a mis hors jeu. J’en veux à l’arbitre.
Putain de tacle. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’ami Jean-Luc Sassus a été taclé par un arrêt cardiaque en pleine course heureuse. A 52 ans. Maudit terrain, avec des mottes de fatalité et de malédiction. Lui, l’ancien joueur du TFC avec les Marcico, Tarantini ou autre Stopyra et Rocheteau, de Cannes, du PSG, de Lyon et de Saint-Etienne, cinq fois convoqués en équipe de France, lui l’intello du foot, la tête et les jambes, ingénieur-chimiste, a toujours détonné. Même déconné comme il aimait le dire, « Dans le football, le fait d’avoir fait des études a eu un petit côté péjoratif. Mais les gens qui me connaissent bien ne prennent pas pour un intellectuel. Je suis quelqu’un qui déconne, je suis un bringueur, un mec qui rigole. J’étais juste un bon élève en maths. Mais il y a des gens qui ne supportaient pas ça » glissait-t-il en 2001 avec une pointe de regrets.
SURNOMME « MATH SUP, MAT SPE »
Car Sassus, surnommé sur les pelouses de l’hexagone, « Math Sup, Math Spé », était avant tout un arrière droit de feu reconverti après une formation à l’aile droite, comme un certain Eric Di Méco. 11 secondes au 100 mètres, un vrai guépard, et qui plus est, ne lâchait jamais sa proie. Mais sans mordre comme certains chiens fous de défense.
C’est à Cannes que le Tarbais commence à monter les marches de la gloire, où il côtoyait alors un jeune premier nommé…Zinedine Zidane. Mais c’est à Paris qu’il endossera un premier rôle avec la scénariste entraîneur, Arthur Jorge. Vainqueur de la Coupe de France en 1993 et champion de France en 1994, il se voit honoré de sa première et seule cape officielle en bleu, contre l’Autriche (2-0). L’arrivée de Jocelyn Angloma lui grillera la priorité dans le team France. Mais, Jean-Luc Sassus poursuit sa route avec son code. Un passage à Lyon avec la naissante Aulas connection, puis un dernier tour de stade avec les Verts, avant de revenir « a casa » à Toulouse. « J’ai entraîné deux ans en DH dans la région toulousaine. Je ne voulais pas coacher en CFA, car je n’avais pas envie de faire des voyages de 1500 km tous les quinze jours. Puis au TFC comme adjoint d’Erik Mombaerts avec qui j’avais des affinités » confiait-il, modeste, lors d’un interview pour le magazine « Mis en Scène ». Mais aussi un petit crochet fun par Labège, chez son ami aussi disparu, le phénomène Jacky Conchou.
Après avoir usé de son savoir pointu en chimie pour vendre des parfums, Sassus endosse la chasuble d’agent de joueurs. Parmi ses principaux clients : Paulo Cesar et le Patrick Kluivert époque lilloise. « Un métier intéressant. Il y a beaucoup de « margoulins », des gens qui font ça par intérêt et par ruse, mais ça peut aussi être un beau métier. Moi, j’ai eu un agent qui s’appelait Rocheteau, un mec bien », soulignait-il. Un mec bien, comme lui. Que la vie a mis hors jeu. J’en veux à l’arbitre.
Laurent Conreur
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