
Dans le film « L’équipée sauvage », le binôme Brando-Triumph luttait, par le biais des bandes rivales, contre le duo Lee Marvin Harley Davidson. Dans les années 50, via motos rebelles pour motards voyous, la publicité comparative, via des icônes du septième art, était née.

Après Brando, James Dean, Elvis Presley, mais aussi Steve McQueen, ont fait de la Triumph leur deuxième peau.
Anticipation commerciale poignée à fond. Dans les années 50, le cinéma était avant-gardiste de la pub. Alors oui aujourd’hui, dans le nouveau western économique, la conquête de l’Ouest se joue avec des forces nées dinguos du clavier, dans les open-spaces aseptisés. La vague social networks a anéanti la génération Scarface et Wall Street, laissant toutefois une bouée spéculative à des phénomènes viraux en déclinaison bien réelle, les hommes marques, avec comme symbole du fric c’est chic, le rapper Pharrell Wiliams en majesté. Mais si l’on remonte dans la chronologie de la mécanique économique, l’adage actuel « There’s no business like style business » vrombrissait déjà dans les années 50 sur le bitume brûlant d’une Amérique « Go Your own way ». Sans peut-être en mesurer alors les retours de kick sonnants et trébuchants. Enfin, pensait-on, sauf les malins sachant feindre le coup fumant.
MARLON BRANDO CONTRE LEE MARVIN OU TRIUMPH CONTRE HARLEY
Sur le circuit en guest, Triumph, la marque de Coventry. Les Anglaises, déjà Atlantistes, bénéficiaient du débarquement des Gi’s sur le sol européen pour leur faire passer le frisson de chevaucher leurs machines légères et high speed. Ce premier passage de vitesse marketing donnera naissance à la fameuse « Thunderbird » en 1949 et à une attaque en règle du marché US par Triumph commercialisant chez son Oncle Tom 75% de sa prodution. Avec le film myhtique « L’équipée sauvage », « The Wild One », sorti en décembre 1953, avec un binome codé « Motos rebelles, motards voyous », avec comme pilote, Marlon Brando, alias Johnny Standler dans le rôle, meneur de bande des rebelles noirs au guidon de sa Thunderbird 6T, l’analyse esthétique définissait la vraie nature des créations. Jean et blouson de cuir noir y trouvaient leur meilleur écran miroir à pub. Et Triumph, adopté alors comme un cheval de feu par les autres icônes US, James Dean et Elvis Presley puis par Steve McQueen, pouvait en découdre cylindres en émoi, via Brando, contre Harley Davidson, via Chino interprété par Lee Marvin, leader de la bande rivale. La publicité comparative en filigrane. La matrice Brando-Triumph orchestrera également d’autres échappements libres comme la chanson d’Edith Piaf , « L’homme à la moto », mais aussi la trouvaille du nom des Beatles par John Lennon suite à la réplique dans le film « Tu as manqué aux Beetles », et plus récemment au groupe garage rock guitares sans silencieux « The Black Rebel Motorcycle Club ». Comme quoi, il y a plus de 60 ans, la poésie des lignes de code de Triumph avait déjà anticipé notre actuelle société d’ultra-consommation.
Laurent Conreur
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