Politique & Société

Il y a un an, Toulouse pleurait Dominique

A 66 ans, l'an dernier le 10 avril, Dominique Baudis, le gentleman maire-député de Toulouse, quittait les siens et ses Toulousains, dans son habituelle humilité. " Et toujours encore aujourd'hui, comme l'écrivait Virgile, "La blessure vit au fond du coeur."'
Place Saint-Etienne, la foule était là le 10 avril l'an dernier unie comme une seule personne pour un seul homme: Dominique Baudis.

Place Saint-Etienne, la foule était là le 10 avril l’an dernier unie comme une seule personne pour un seul homme: Dominique Baudis.

Il y a un an, le soleil toulousain discret épousait un silence de circonstance place Saint-Etienne. S’étaient joints dans la solennité, la discrétion, et le recueillement, élus, connus et anonymes. Unis pour un seul homme. Dominique Baudis. En ce 10 avril 2014, un des figures les plus célèbres de la Ville rose rejoignait les cieux éternels. La pierre de la cathédrale absorbait en silence la douleur. Un an après, comme l’écrivait Virgile, « La blessure vit au fond du coeur. »‘
Dominique Baudis, homme politique retenu, contenu, concerné, concentré, aura toujours favorisé la préférence toulousaine à la suffisance nationale. De Toulouse, il a été et restera un pilier capital du Capitole, comme son ami le » petit taureau », Claude Nougaro. Dominique Baudis incarne Toulouse, beau et rebelle, humble et gouailleur, simple et hableur.
Dominique, le journaliste grand reporter au Liban pour TF1 puis présentateur du journal télévisé. Dominique, surtout le maire de Toulouse et député, « Avoir été maire de la quatrième ville de France pendant dix-huit ans, c’est plus important qu’être ministre de ceci ou de cela. C’est plus charnel, plus humain ». Pour fermer le livre politique en 2001. Pour ensuite tomber sur la page de l’horreur et du dégoût avec « L’affaire Allègre ». L’inomie et l’immonde. Le cauchemar absolu, dix-huit mois. Face à la calomnie, il en est sorti grandi mais meutri, terriblement meurtri. Otage du mépris, Dominique Baudis aura plaidé sa défense avec honneur et humilité, aura prouvé les dysfonctionnements hiérarchiques, les aberrations de l’enquête, et les mensonges manipulés. Son ami Claude Nougaro lui apportera alors son grand soutien: « Cher Dominique, fils du Bel Canto, je connais bien l’air de la calomnie. Il affiche avec toi une cruauté dont l’espèce humaine, hélas, a le secret. Sympathie, un mot grec qui signifie, je crois, souffrir avec. Reçois dans ton coeur, Dominique, toute ma sympathie. Hélène et moi, nous vous embrassons, bien affectueusement. »
A 66 ans, le 10 avril dernier, Dominique Baudis s’en était allé, avec son humilité chevillée au coeur et au corps. Pensées profondes.
Mardi 14 avril, son successeur, Jean-Luc Moudenc, lui rendra l’hommage qu’il mérite en inaugurant cours Henri IV une statue le présentant dans toute sa simple splendeur. A son image d’éternité.

Laurent Conreur


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