Clement Poitrenaud, la cheville en vrac, tout comme Gaël Fickou, genou out, ne joueront plus cette saison. Le Stade ne veut pas recruter de joker médical…et n’annonce aucune recrue pour l’an prochain. Inquiétant docteur?
Alors qu’il recolle bien au peloton des candidats aux phases finales du Top 14, le Stade Toulousain risque bien manque de forces vives dans ses lignes arrières lors des ultimes rendez-vous primordiaux. Alexis Palisson, arrière-ailier out pour toute la saison depuis belle lurette à cause d’un genou qui s’est fait la malle; Clément Poitrenaud, arrière-centre, cheville récalcitrante l’obligeant à ronger sa peine; Gaël Fickou, centre d’intérêt qui n’en aura plus en cette fin de saison à cause d’un genou victime d’un crack. Pour autant de malheurs, le Stade Toulousain a décidé ne pas chercher ailleurs un bonheur de substitution. Aucun joker médical ne viendra pallier l’absence. Guy Novès, le manager général « rouge et noir », s’en explique avec conviction. Pas de profit à cause de pertes: « Prendre un mec au mois d’avril, alors que cela joue en Super 15, et que je ne vois personne de disponible, capable de s’intégrer et d’être efficace immédiatement, je ne vois pas l’intérêt. » Cohérente analyse.
DANS LA CASE ARRIVEES: LE BLANC SIDERAL
Certes, mais ce fait d’armes, ce fait de larmes, appelle à d’autres réflexions. Comment se fait-il qu’en ce mois d’avril où toutes les équipes du Top 14 peaufinent déjà leur effectif pour l’an prochain avec des signatures rutilantes, dans la case arrivées au Stade Toulousain, c’est un blanc sidéral. On a officialisé entre autres les Will Genia au Stade Français, Daniel Carter au Racing Métro, Ma’a Nonu, Napoli Nalaga et Samu Manoa à Toulon, Marcel Van der Merwe et Jacques Du Plessis à Montpellier, Scott Speeding, Flip Van der Merwe et Waisake Naholo à Clermont, Adam Ashley-Cooper, Loan Goujon, Sekope Kepu et Luke Braid à Bègles-Bordeaux, Piri Weepu et Nick Robinson à Oyonnax, Mathew Tait à Bayonne…Dans tous les clubs, même chez ceux pour qui le couperet de la descente refroidit les entrailles, on a recruté du costaud: Julien Bonnaire à Lyon, Christophe Urios suivi peut-être de Benjamin Urdapilleta à Castres, Ricku Januarie et Thomas Combezou à La Rochelle…Pourquoi le Stade Toulousain n’a-t-il coché aucun nom? Faute de finances? Le trou constaté par la DNACG et la police judiciaire n’apporte rien de bon. Sans s’étendre sur ce fait, Guy Novès fait preuve de simplicité: « Pour l’instant, rien n’est acté côté transfert à Toulouse. Notre premier recrutement a été de conserver et prolonger des joueurs de qualité que d’autres clubs voulaient débaucher: Thierry Dusautoir et Patricio Albacete. Nous avons toutefois ciblé des postes en fonction de nos besoins, il ne reste plus qu’administrativement, le club nous le permette. »
Le Stade Toulousain a concentré ses efforts sur la première ligne et sur la troisième, notamment en raison des potentiels départs pour le Mondial des Dusautoir, Pïcamoles et Nyanga…mais le club toulousain a-t-il les fonds pour faire ses emplettes? Là est la très grande question avec un trou annoncé aux environs de 2 millions d’euros. Une faille que pourrait combler Fiducial, le nouvel actionnaire, minoritaire aujourd’hui, mais qui pourrait revendiquer du pouvoir, s’il met la main à la poche pour redonner du prestige perdu au Stade Toulousain.
Laurent Conreur
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