Si l’on peut effectivement relever le décalage qu’il y a entre les scores réalisés par le PS dans l’ensemble du pays et ceux qu’il a enregistrés dimanche en Haute-Garonne, il ne faudrait pas oublier qu’il s’agit ici d’un grand classique du genre. Combien de fois les gazettes ont elles glosé sur le fameux « paradoxe toulousain », qui voit les citoyens de la ville rose élire des maires de centre-droit, puis voter largement à gauche lors de tous les autres scrutins ? La défaite de la droite dimanche soir dans le département nous montre tout simplement que ce « paradoxe toulousain » vient tout simplement de se vérifier une fois de plus, comme c’est le cas depuis plus de quarante ans. Mais cela n’empêche pas certains de s’étonner, de tenter laborieusement de trouver des explications, de pérorer à tout va, de brasser beaucoup d’air pour pas grand-chose.
Les discours, les programmes…
Sur la lancée des municipales, la droite locale (qui y croyait vraiment) s’était mis en tête d’employer la même stratégie qui lui avait permis de reconquérir la ville l’an passé : un vaste rassemblement allant des souverainistes aux centristes. Le rassemblement, ça fait bien, ça fait gaulliste, mais visiblement, ce n’est pas suffisant. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné alors ? Le discours ? Le programme ? Comme si les Français les écoutaient encore les discours… Tandis que les programmes, on le sait bien, chacun en rit sous cape, bien conscient que les promesses, hein ? Alors bon, certains ont beau poser en expert, se prendre pour des politologues, y aller de leur avis insignifiant : le fait est que les résultats en Haute-Garonne de ces élections départementales n’ont pas d’autres explications que ce sempiternel « paradoxe toulousain ».
Magicien ?
Le PS, qui a réalisé un véritable carton compte tenu pourtant d’un état intellectuel comparable à la mort cérébrale dépassée, fait semblant de croire qu’il s’agit d’un désaveu pour la politique menée depuis un an par Jean-Luc Moudenc. Mais encore faudrait-il que cette politique ait eu des effets réellement ressentis, non seulement à Toulouse mais dans tout le département. Or, mis à part le retour à un tarif de nuit de 5 euros dans les parkings de la ville, qui peut réellement affirmer que les choses ont fondamentalement changé ? C’est ne rien connaître à la politique que de croire que la première année d’un mandat est celle des grandes réalisations. Une première année de mandat, au mieux, est celle des volontés et des annonces. Jamais celle des résultats. D’ailleurs, au détour du communiqué de presse envoyé après la divulgation des résultats de l’élection, Jean-Luc Moudenc évoque son travail « à peine commencé pour Toulouse et sa Métropole. » C’est exactement cela. Le travail commence à peine. Par conséquent, on voit mal comment les électeurs l’auraient déjà sanctionné. L’argument ne tient pas debout. De toute manière, inutile de chercher midi à quatorze heure, la droite a perdu ces élections parce qu’elle les a toujours perdues et que c’est ainsi. Point barre.
Jérôme Dutoit
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