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Le Stade Toulousain voit la vie…en rouge

Le Stade Toulousain, après la police judiciaire, est dans le collimateur de la DNACG. Le club accuserait un retard de 1,5 à 2 millions d'euros de retard sur le budget prévisionnel. Si sur le terrain, il y a de faibles éclaircies, en coulisses, le tonnerre gronde. Photo AFP

Il y a longtemps maintenant le Stade Toulousain voyait la vie en rose…Faute de grives, le Stade la voyait juste en rouge et noir. Aujourd’hui, le club le plus titré d’Europe, séquence souvenir, souvenir…, la voit en…rouge, et broie du noir. Si, en apparence sur le terrain, et gare aux apparences trompeuses, les hommes de Guy Novès se sont refait une petite santé, en pointant son nez à la sixième place, la dernière qualificative pour les phases finales, avant un match interdit de perdre cet après-midi contre Montpellier, en coulisses, ça grince. Les gendarmes des finances, la DNACG, comme le rapportait le « Midi Olympique » hier, ont le club dans le collimateur. Déjà, la police judiciaire avait mis son minois dans le terrain boueux des finances après la plainte en décembre dernier de l’ex-Président du Conseil de surveillance, Eugène Passerat, plainte pour « abus de pouvoir social et complicité au sein du club ».

1.5 A 2 MILLIONS D’EUROS DE RETARD
Le Procureur de la République, ayant jugé la plainte recevable, a passé la patate chaude aux redresseurs de torts de la Ligue, la DNACG, donc, et il en ressortirait que le club du Président Bouscatel présenterait une ardoise déficitaire sur son budget prévisionnel de 1,5 à 2 millions d’euros, et ceci sur les informations actualisées du 15 février. Interrogé, le Président a tapé en touche, « Ce n’est pas à l’ordre du jour. La réalisation du budget se fera en fin de saison » a-t-il rétorqué à nos confrères.
Sauf que, sauf que, point de privilèges, et un rapporteur de la DNACG devrait débouler aux Sept-Deniers pour réclamer aux dirigeants stadistes de réunir tous les documents pour étayer les faits. Et de constater, les bruits crissent dans les couloirs d’Ernest-Wallon, que le Stade Toulousain bouclera l’exercice 2014-2015 en débit, en déficit autrement dit. Les esprits optimistes estiment que le Stade Toulousain a dans son bas de laine suffisamment de cash pour éviter un crash, et se voir signifier une rétrogradation administrative.
Pourquoi en est-on arriver à ce seuil critique? Parce que le Stade ne gagne plus, parce que le Stade ne fait plus rêver. L’absence en quart de finale de la Coupe d’Europe induit un manque à gagner conséquent. La non-délocalisation de matches phares au Stadium en travaux à cause de l’Euro 2016 de football généreraient aussi des pertes financières. Certes, mais avec la production de matches mièvres et perdus, qui entraînent une perte de public à Ernest-Wallon, par quelle opération du Saint-Esprit, trente milles personnes se seraient rendues au Stadium?
Alors que faire pour sauver la face et éponger la dette? Quémander à Fiducial, entré au capital à hauteur de 10% en avril 2014, de rallonger le chèque? Il semble que cela soit la seule alternative possible à ce jour. Mais le fera-t-il sans contrepartie, sans retour et requête sur nouvel investissement? Pourquoi pas une obtention de plus de pouvoir de décisions? L’association Stade Toulousain, actionnaire majoritaire à 51% aujourd’hui et les Amis du Stade, détenteurs de 25%, n’imaginent pas un tel scénario. Henri Fourès, le Président des Amis du Stade, monte sur ses crampons face à cet échéance possible: « Nous sommes liés par convention, je ne vois pas comment Fiducial pourrait commander. Nous sommes propriétaires de tout le patrimoine, sans aucune dette, et maîtres à bord. » Et de rajouter avec vigueur à nos confrères du Midol, « S’il devait y avoir des bouleversements, nous entamerions des négociations sévères. »
Comme quoi, au Stade Toulousain, il y a aujourd’hui des lendemains qui déchantent…Qu’en pensent les joueurs?

Laurent Conreur

 


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