Après plus de 70 ans d’hégémonie socialiste, la Haute-Garonne pourrait faire des élections départementales des 22 et 29 mars prochain une date historique. Aujourd’hui toutes les projections portent à croire que l’unité, l’union sans faille de la droite au centre devrait faire basculer la donne pour les six prochaines années. Certes dans un grand flou qui préside le scrutin, car nul ne sait comment et à qui les futures compétences des départements seront distribuées et attribuées. Certes, mais l’enthousiasme, même s’il faut modération garder, de l’UMP, à l’UDI en passant par le Modem, Debout La République et Mouvement pour la France, sans occulter la société civile fortement présente sur les listes « Ensemble pour la Haute-Garonne », est de mise dans un camp qui va jouer sur la dynamique de la victoire de Jean-Luc Moudenc aux municipales de Toulouse. Un phare pour tous, avec toujours l’éclairage de ce dernier, véritable moteur de cette campagne, qui s’il considère qu’ « avec l’union historique de la droite, jamais nous ne nous étions aussi bien préparés », il souligne « ô combien, nos candidats doivent mobilisés l’électorat dès le premier tour, car avec l’abstention annoncé, et le risque du vote défouloir vers le FN, il faut dès le premier tour virer en tête dans tous les cantons. 25% des voix le 22 mars sont a minima nécessaires pour figurer au second tour, en dessous, nous aurions des duels PS-FN au second tour. Et il faut à tout prix les éviter, car cela serait néfaste pour nous. »
En supputant que le département change enfin de camp, et ce afin que la triple couronne, Toulouse, Métropole de Toulouse et Haute-Garonne, soit du même métal pour que cette monochromie politique accélère le changement et potentialise les décisions conséquentes pour l’économie, l’emploi et le bien-vivre ensemble dans l’harmonie et la sécurité, qui portera donc l’étendard de la présidence? Aujourd’hui trois candidatures se détachent: Jennifer Courtois-Perissé, maire de Rieumes, Jean-Marc Dumoulin, maire de Villemur-sur-Tarn et Arnaud Lafon, maire de Castanet-Tolosan.
JENNIFER COURTOIS-PERISSE, LA CHOUCHOUTE
29 ans, la benjamine de la bande, Jennfier Courtois-Périssé n’en est pourtant une première venue. Conseillère générale (sans étiquette) depuis 2011, la jeune brune a raflé la mairie de Rieumes en 2014. Elle jouit aussi de beaux appuis dans les sphères parisiennes puisqu’elle fut appréciée lors de son passage de 2008 à 2010 dans les bureaux du cabinet de Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’emploi à cette période. Elle a également le soutien sans faille du sénateur et maire de Revel, Alain Chatillon. Il se dit que Jean-Luc Moudenc la verrait bien aussi briguer la présidence. Si on ajoute l’appui de Gérard Darmanin, le porte-parole actuel de Nicolas Sarkoy, cela fait beaucoup d’atouts dans son sac. Mais trop de biens peut lui nuire aussi, car dans son camp, il se glisse que la « chouchoute » est tout de même « un peu tendre ».
JEAN-MARC DUMOULIN, SOLISTE MAIS RASSEMBLEUR
Le nouveau Maire de Villemur-sur-Tarn (enfin, après quatre tentatives infructueuses), 55 ans, a à son crédit la maturité, la patience et la connaissance du département. Il en connaît toutes les ficelles et les subtilités puisqu’il y siège depuis 1994. Personne charismatique et déterminé, il lâche « ce n’est pas parce que l’on vient d’avoir le permis que l’on peut conduire une Ferrari », en évoquant Jennifer Courtois-Périssé. Bayrouiste, puis Sarkozyste en 2007, proche de l’UDI aujourd’hui, Jean-Marc Dumoulin avoue se sentir toujours mal dans ses pompes avec les consignes des partis. Lui, préfère rassembler les ruraux et les péri-urbains. Le manque de soutiens affichés lui sera-t-il préjudiciable?
ARNAUD LAFON, LE PUNCHER
Le nouveau Dominique Baudis, comme on lui a longtemps affublé l’héritage, car plus jeune maire de France élu dans une ville de plus de 10.000 habitants, Castanet-Tolosan. Aujourd’hui, Arnaud Lafon en est depuis 2014 à son troisième mandat consécutif. La preuve de son ancrage et de son implantation dans le territoire. Et même de son étoffe, de sa grinta, et de son punch, comme il se le murmure à droite comme à gauche. Homme fort du Modem départemental, vice-président du Sicoval, Arnaud Lafon dérange parfois aussi, surtout sur l’épineux dossier du métro à Labège. Il s’est toutefois rabiboché avec Jean-Luc Moudenc en soutenant la 3e ligne du métro, projet majeur de la mandature du maire de Toulouse. A son crédit, ce panache, cette élocution et ce pouvoir de séduction qui pourrait rallier dans un département sans majorité très claire même des élus de gauche.
Laurent Conreur
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