Quel est le point commun entre ces trois pays et ces trois disciplines? De souffrir des mêmes maux en se pavanant d’un même prestige. En clair et sans décodeur, il est manifeste de constater que les trois nations se gobergent d’héberger dans leurs trois disciplines respectives les trois meilleurs championnats au monde: La Premiere League anglaise en foot avec des budgets pharaoniques pour attirer les meilleurs manchots géniaux de la planète, et des retombées droits TV à nulle autre pareille (le dernier de la Première League touche plus que le premier de notre championnat); le championnat de hand allemand avec une flopée de stars mondiales et des salles de plus de 10.000 spectateurs qui affichent complets pour ces spectacles; le Top 14 en France, le plus prestigieux et performant championnat avec les plus grandes divas de l’ovalie mondiale et une inflation budgétaire phénoménale (Même Pau, encore en Pro D2 mais promis à l’élite, annonce pour l’an prochain le cerveau black Conrad Smith et est en phase de séduction pour attirer l’unique Richie McCaw). Alors, oui, c’est beau, ça brille, ça scintille…Mais pour quels effets pervers? L’équipe de Foot anglaise est d’une faiblesse criarde. Au dernier Mondial, elle a été dans l’incapacité de passer le premier tour. Ce onze anglais n’a aucune âme et dégage une pauvreté de jeu crasse. Le team allemand de handball joue dans les bas-fonds du hand mondial, alors que son championnat, avec ses vedettes étrangères à tous les postes dans tous les clubs, occupe le sommet du building. Au dernier mondial, la Manschafft n’a montré aucun esprit de corps et d’unité pour résoudre en huitièmes de finale l’énigme du Qatar.
LE CONTRE EXEMPLE DU FOOT ALLEMAND ET DU RUGBY ANGLAIS
Et que dire du XV de France? Tous les week-ends, nous sommes nombreux à nous masturber l’esprit en se frottant les mains et en écarquillant les yeux devant les arabesques et les fulgurances des Giteau, Sexton, McAllister, Hernandez, Lee, Abdennon, Rangers, Botha, Habana, Roberts, Halfpenny, Davies, Kruger, Fernandez-Lobbe, Vosloo, Charteris, Ali Williams, Albacete, Drew Mitchell….et demain Ma’Nonu, Smith, Weepu….Pour aujourd’hui sombrer de Charybde en Scylla avec ce XV de France apanage de la médiocrité et summum de l’inefficacité. Alors, on écoute Serge Simon, l’ancien pilier des Rapetous Béglais, jouer les avocats d’une certaine défense: « Individuellement, nos joueurs sont très bons, mais collectivement, ils jouent avec la peur. » On s’épanche sur le plaidoyer larme à l’oeil de Philippe Saint-André ce midi: « Je ne veux pas des stralettes en équipe de France, je veux des champions, et samedi, des champions, il n’y en avait pas beaucoup. » Certes, mais son bilan depuis sa prise de fonction de manager, et ses essais de plus de 80 joueurs, est un véritable champ de ruines. Alors, oui, hier, la France a parfois rivalisé avec les Gallois, mais elle a raté toutes les passes capitales, a balbutié tous les bonnes occasions. Elle a été d’une puissance totalement inutile et d’une énorme impuissance dans l’efficacité.
Comme dans le foot anglais et dans le hand allemand, le prestige du championnat français induit la misère au sein de l’équipe nationale. Le rugby anglais et le foot allemand ont tout compris: stop à l’arrêt massive des étrangers dans les championnats et place et priorité aux joueurs maisons. Avec les résultats que l’on sait dans les opérations commandos: le onze allemand est champion du Monde et le XV anglais risque bien de le devenir ou n’en sera pas loin en octobre prochain .
Laurent Conreur
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