
Christophe Urios: « »S’il le faut, j’irai à Castres en Pro D2. Mais je suis ennuyé pour les gens qui vont venir avec moi, car, eux, ils n’ont pas choisi cela. Ils m’ont fait confiance, et c’est ça qui me blesse. »
Champion 2013, finaliste 2014…dernier aujourd’hui à 5 points du premier relégable. Castres ou la descente aux enfers. Est-il trop Tarn? Certes, il reste huit matches, mais la santé précaire du malade tarnais ne préfigure rien d’encourageant. La dernière production à Oyonnax atteste que tous les clignotants sont au rouge vif. Castres s’est encore perdu dans un rugby d’à peu près, et ce, dans une atmosphère particulière à Oyonnax, puisque l’on sait depuis un bon moment que l’an prochain, que Christophe Urios quittera serein l’Ain pour rejoindre peut-être stressé le Tarn. « Je vois Castres se maintenir, mais je pense que cette équipe est celle qui présente le moins de fiabilité de tout le championnat » confiait Christophe Urios, avant de constater, une fois de plus, que le CO repartait bredouille de son voyage oyonnaxien. Alors que pendant ce temps, les concurrents directs des Castrais pour le voyage en dernière classe vers la Pro D2 récoltaient quelques biens non négligeables quand le bilan comptable final sera fait: le bonus offensif pour Bayonne face au Stade Français et le défensif pour Lyon à Toulouse. La mine triste, mais certainement aussi un peu de son esprit rassuré par le succès presque synonyme de maintien pour Oyonnax, professionnalisme oblige, Christophe Urios concédait obligé: « S’il le faut, j’irai à Castres en Pro D2. Mais je suis ennuyé pour les gens qui vont venir avec moi, car, eux, ils n’ont pas choisi cela. Ils m’ont fait confiance, et c’est ça qui me blesse. »
URIOS LE COEUR PARTAGE
Difficile à vivre tout cela. Car il faut se partager. Scindé en deux, entre le challenge à relever à Castres et un pincement au coeur de quitter Oyonnax qu’il a vu et participé activement à faire grandir et à s’installer dans le Top 14. Christophe Urios vit un scénario Docteur Jekyll sans la moindre posologie à fournir aujourd’hui aux Castrais pour se sauver, et Mister Hyde avec par contre toute la malice pour continuer à rendre la citadelle d’Oyonnax imprenable. Et de glisser toutefois l’espoir accroché aux crampons « de voir Castres terminer 12e et ainsi d’éviter la Pro D2″. Il a passé six ans dans ce championnat long et anxiogène, il connaît la musique qu’il faut rejouer différemment tous les dimanches, tant les équipes se régalent à vous faire jouer des fausses notes.
Alors que reste-t-il à Castres pour espérer? Quatre voyages pas piqués des hannetons, avec par ordre de perdition, à Bayonne le 14 mars, aïe aïe aïe, à Grenoble le 28 mars, aïe, aïe, aïe, à Toulon le 9 mai, aïe, aïe, et au Racing le 23 mai, juste aïe, surtout si à ce moment-là, Castres est déjà condamné et le Racing déjà qualifié pour les phases finales. Et quatre matches à domicile, où il faut faire le plein de super pour y croire encore: Lyon dans 15 jours, puis Bordeaux-Bègles le 11 avril, Clermont le 25 avril et Brive le 16 mai.
Est-il trop Tarn?
Laurent Conreur
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